Politique économique

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Lexique

La politique économique regroupe l'ensemble des décisions prises par les pouvoirs publics en vue d'atteindre des objectifs économiques désignés, en mobilisant divers instruments règlementaires, monétaires ou budgétaires.

Définition

Selon R. Musgrave, les pouvoirs publics possèdent trois objectifs primordiaux : l'allocation des ressources, la redistribution des revenus, la stabilisation.

  • L'allocation des ressources désigne les fonctions de productions non marchandes de l'Etat, en matière de fournitures de biens publics et de fixation de règles.
  • La redistribution renvoie aux politiques de répartition des ressources entre tous les membres de la collectivité, grâce aux prélèvements obligatoires et aux prestations sociales.
  • Enfin, la fonction de stabilisation implique que l'Etat pilote l'économie pour maîtriser les grands équilibres macro-économiques et assurer une croissance harmonieuse.

Ces 3 objectifs sont mis en oeuvre par la politique économique des Etats, qui s'appuient toujours sur une certaine vision de l'économie entre le libéralisme et l'intervention d'inspiration keynésienne pour agir.
La politique économique consiste donc à assurer le meilleur état possible de l'économie en utilisant principalement les instruments budgétaires et monétaires. On distingue habituellement deux types de politiques économiques :

  • la politique conjoncturelle désigne toutes les interventions de l'Etat en vue de rétablir à court ou moyen terme les grands équilibres en terme de plein emploi, d'inflation, de croissance, etc. Par exemple, les pouvoirs publics peuvent choisir d'augmenter ponctuellement les investissements publics pour lutter contre une croissance insuffisante.
  • La politique structurelle vise quant à elle à modifier en profondeur et sur le long terme les combinaisons productives d'une économie. C'est ainsi que les pouvoirs publics aménagent le territoire par des infrastructures de communication, favorisent l'innovation technologique, investissent dans l'éducation.

Tendances

L'intégration européenne a changé la donne : la politique budgétaire est désormais très largement soumise aux règles européennes issues du Pacte de stabilité. Les marges de manœuvre des Etats, par exemple pour mener une politique de relance, sont donc plus faibles et soumises au contrôle de l'Union européenne. La politique monétaire est de plus du ressort de la BCE, qui fixe de manière discrétionnaire (c'est-à -dire sans en référer aux différents Etats) l'évolution de la masse monétaire et les taux d'intérêts monétaires. La politique économique est donc de plus en plus décidée à l'échelon européen, comme en témoigne par exemple la stratégie d'augmentation de l'employabilité issu de la conférence de Lisbonne.

Enjeux

La politique économique peut avoir de nombreux objectifs : corriger les défaillances du marché, relancer l'économie en période de difficultés, lutter contre l'inflation, améliorer la compétitivité des entreprises ou encore promouvoir un développement durable.

Se pose alors la question de l'efficacité de l'intervention publique, c'est à dire de la correspondance entre les moyens engagés (les dépenses) et les résultats obtenus. La dette publique des Etats européens étant importante, il convient en effet de s'assurer que les objectifs sont atteints, en créant des indicateurs adéquats, c'est-à -dire des instruments permettant d'évaluer l'efficacité des politiques économiques menées par les Etats.

Le deuxième enjeu est celui de la pertinence des échelons d'interventions : il faut définir qui, de l'Europe, de l'Etat ou de la région est le plus en mesure de mener une politique économique particulière [voir la notion de subsidiarité]. Et cela d'autant plus que, dans le contexte actuel de mondialisation, l'action de l'Etat subit de multiples contraintes.

Indicateurs

Un indicateur courant de la politique économique est le «carré magique». Il s'agit d'une représentation synthétique sur 2 axes des 4 indicateurs que sont le taux de croissance du PIB, le solde de la balance des paiements, le taux d'inflation et le taux de chômage. C'est en rejoignant les points qu'on obtient un quadrilatère qui représente d'autant mieux une situation économique favorable qu'il est proche d'un carré et que sa superficie est grande. Vous pouvez en trouver un exemple sur ce site.

Erreurs Fréquentes

On a parfois tendance à confondre les objectifs finaux avec les objectifs intermédiaires qui sont des cibles orientant l'utilisation des instruments : ainsi, par exemple, la politique de réduction des déficits publics n'est pas un objectif en soi, c'est un moyen au service d'une politique européenne de limitation de l'inflation.