Panique bancaire

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Lexique

Une panique bancaire est une situation au cours de laquelle les déposants retirent de leur banque les fonds qu’ils ont déposé craignant un défaut de liquidité.

Définition

Une panique bancaire est une situation au cours de laquelle les déposants retirent leurs fonds déposés dans une banque craignant, de sa part, un défaut de liquidité.

Une panique banque (ou bank run ou ruée bancaire) est un processus lié au manque de confiance dans une banque dont les déposants (particuliers ou entreprises) veulent changer la monnaie scripturale qu’ils détiennent en monnaie fiduciaire, synonyme pour eux de sécurité. Ces déposants craignant que leur banque ne puisse satisfaire la demande de liquidité de tous les déposants, ils vont se « ruer » aux guichets pour retirer leurs propres fonds. Cette ruée bancaire prive la banque de ce type de ressources et peut aboutir à sa faillite.

Tendances

Les paniques ont souvent eu lieu lors des crises financières jusqu’à ce qu’une protection efficace des déposants ait été décidée et réduit les ruées bancaires. Ainsi, d’après F. Mishkin (Monnaie, banque et marchés financiers, Pearson, 2010), « Aux États-Unis, il s'est produit des paniques bancaires dans toutes les crises financières jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, à peu près tous les 20 ans : 1819, 1837, 1857,1873, 1884, 1893, 1907 et 1930-1933. » Des paniques bancaires ont pu aussi se produire depuis, de manière moins massive, lorsque la protection des déposants était insuffisante. C’est ce qu’a connu la banque américaine Silicon Valley Bank, en 2023, dont les déposants étaient surtout des entreprises, des start-up qui ont voulu retirer des liquidités pour face à leurs propres difficultés, demandes que la banque n’a pas été en mesure de satisfaire d’où une ruée bancaire de ses clients.

Une autre forme de panique bancaire a été mise en évidence par la faillite de Northern Rock durant la crise financière de 2007-2008. Il s’agissait d’une banque anglaise spécialisée dans les crédits immobiliers dont le financement provenait de moins en moins de la collecte de dépôts à vue et de plus en plus d’emprunts à court terme sur les marchés financiers. Or, face aux incertitudes du marché immobilier, incertitude de la valeur de ses actifs liés à l’immobilier, et face aux difficultés de fonctionnement des marchés interbancaires, la banque a eu de plus en plus de mal à emprunter des liquidités : ce sont donc tous ses prêteurs à court terme de liquidités qui ont disparu les uns après les autres face à des besoins de liquidité de plus en plus importants. D’où sa faillite.

Enjeux

Le premier enjeu est bien évidemment de contrôler l’activité des banques avant que le risque de panique bancaire ne survienne. Cela passe par la réglementation et le suivi de leurs risques et notamment par le respect de différents ratios de solvabilité et de liquidité (voir ces notions) qui bien sûr limite les risques qu’elles prennent mais aussi leur activité.

Pour prévenir les retraits bancaires, il est apparu nécessaire d’établir une assurance dépôt qui revient à ce que les déposants puissent toujours avoir à disposition d’une somme minimale, quelle que soit la situation financière de leur banque. Dans l’Union européenne, cette somme est de 100 000 € par déposant (donc pour un compte joint, cela porte la garantie à 200 000 €). Ainsi, cette réglementation devrait éviter les retraits en masse des clients. Cependant, se pose la question du financement : est-ce l’État qui doit garantir effectivement ces dépôts (par l’impôt donc) ou est-ce les banques en mettant en commun leur moyen pour sauver l’une d’entre-elles, par une participation collective à un fonds dédié ?

Éviter les faillites bancaires en chaîne est un autre enjeu important. Étant donné l’interdépendance des banques sur les marchés interbancaires, il est nécessaire d’agir sur ces marchés pour éviter que les difficultés d’une banque entraîne des difficultés par d’autres banques (qui possèdent des créances risquant de ne pas être remboursées). Ce sont bien sûr les banques centrales qui jouent ce rôle. Toutefois, cette intervention peut être tardive et difficile ou coûteuse. Il est sans doute nécessaire de surveiller de manière plus étroite la situation financière des grandes banques dites systématiques ce qui est le cas dans l’Union européenne.

Indicateurs

L’importance des faillites bancaires se mesurent par leur disparition ou par leur rachat mais aussi par les mesures prises par les autorités monétaires pour y faire face : injections de capital, garantie de dettes, nationalisations notamment.

Cette importance se traduit par une tendance à la baisse du nombre de banques, comme durant le crise de 1929 aux États-Unis, et une concentration accrue du système bancaire.

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