Inscrivez-vous à la Newsletter de SES.Webclass.fr

Archive terminale : Chapitre 6. Comment analyser la structure sociale ?

2. Les analyses de la structure sociale 

L'analyse sociologique de la structure sociale se doit de présenter des analyses d'auteurs anciens, K. Marx d'abord qui a vu la société comme étant structurée fondamentalement  sur la base du travail et des activités économiques. Ensuite M. Weber a insisté sur le caractère multidimensionnel de la stratification sociale, ne faisant de l'aspect économique qu'un des éléments de cette stratification. Toutefois, ces analyses qui datent du XIXème siècle et du début du XXème siècle sont-elles toujours pertinentes ? Nous verrons en quoi consistent leurs principaux prolongements à la fin du XXème et au début du XXIème siècle.

2.1. L’analyse de Karl Marx repose sur une bipolarisation sociale conflictuelle

Karl Marx (1818-1883) est un philosophe allemand, également économiste, sociologue et historien. Il a écrit pour l’essentiel dans la deuxième moitié du 19è siècle. Son analyse du capitalisme l’amène à une critique radicale de ce système et à un engagement dans le combat politique contre le capitalisme.

Les sociétés sont des sociétés de classes : Marx dans ses études d’historien, montre que dans toutes les sociétés, on retrouve un système de classes, c’est à dire des rapports entre groupes sociaux dont l’un est dominant et l’autre est dominé. Même si dans une société donnée, il peut y avoir plus de deux classes à un moment donné, il n’y a toujours que deux classes principales dont l’une domine l’autre, les autres classes se rattachant à l'une ou l'autre classe durant les conflits entre le groupe dominant et le groupe dominé.

Comment expliquer les rapports sociaux de la société moderne industrielle capitaliste du XIX° siècle ?

Ce sont les conditions matérielles d’existence qui déterminent la vie en société c'est à dire les relations sociales, les idées, les croyances. En d’autres termes, le mode de production matérielle détermine la formation sociale, c’est pourquoi l’étude de la production est nécessaire pour comprendre la réalité sociale : « c’est dans la sphère de production que l’on peut découvrir le fondement caché de toute structure sociale ».

Ainsi, l’économie capitaliste détermine la société bourgeoise industrielle et le rapport de production capitaliste détermine les rapports de classes.

Dans le mode de production capitaliste, ces rapports de production sont spécifiques : le travailleur ne possède que sa force de travail qu’il vend au non travailleur capitaliste qui lui, possède les moyens de travail (les machines), l’objet de travail (la matière à transformer) et au final, le produit du travail (la marchandise réalisée) et le profit ainsi dégagé. Notez que ce profit provient du travail des ouvriers. C'est en s'appropriant le travail de ses ouvriers et le produit de ce travail que le capitaliste les exploite : leurs intérêts sont totalement antagonistes. Par exemple, la baisse des salaires est plus de profit et plus de revenus pour le capitaliste.

Les rapports de production capitalistes se définissent donc par la propriété privée des moyens de production (hors force de travail) et le rapport salarial : le travailleur salarié est subordonné à son employeur (contrat de travail).

C’est ainsi que les rapports de production déterminent les rapports sociaux, à savoir les conditions d’existence et le mode de vie des individus, c’est en ce sens que pour Marx, le capital est d’abord un rapport social. Le rapport [capitaliste – ouvrier] dans l’entreprise capitaliste, détermine le rapport [bourgeoisie- prolétariat] dans la société industrielle.

Les classes sociales se définissent alors à partir de trois critères :

(1) La position sociale est déterminée par la position qu’occupe l’individu dans le mode de production : la position capitaliste détermine la classe bourgeoise (elle possède les moyens de production) et la position salariale détermine la classe ouvrière (elle ne possède que sa force de travail).

(2) La classe sociale se caractérise aussi en dehors du travail par un mode de vie qui lui permet d’exister, de tisser des liens sociaux et de se reproduire : les membres d’une classe sociale partagent une identité collective, une culture commune (pratiques alimentaires, vestimentaires, de loisirs, langage, etc …) ; on parle d’une culture bourgeoise, d’une culture ouvrière.

(1) et (2) déterminent la condition de classe (situation objective qu'occupe l'individu dans la société).

(3) La classe sociale prend toute sa dimension quand elle repose sur un sentiment d’appartenance : la conscience de classe qui est le produit de la solidarité, des objectifs partagés, d'actions collectives pour défendre ses intérêts. La classe sociale devient alors un acteur social qui agit dans les relations entre classes sociales : c’est un acteur de transformation sociale comme le décrit Marx à propos de la bourgeoisie française, classe révolutionnaire en 1789, qui a détruit la société féodale, d'ancien régime, pour établir la société capitaliste. Pour Marx, l'objectif et la fonction de la classe ouvrière est tout aussi révolutionnaire, il est de détruire la société capitaliste pour établir une société sans classe ; la société communiste.



Une classe sociale ne se définit jamais isolément mais à travers les relations qu’elle entretient avec une autre classe : elle n’existe qu’à travers des rapports antagonistes (la rapport salarial est source d'opposition en termes d'autorité et de partage des richesses produites).

Ainsi se constituent deux pôles (bipolarisation) autour desquels s’organise toute la société. Cette dernière présente une structure rigide dans laquelle les classes sociales sont nettement définis et séparées, entre lesquelles il y a une grande distance sociale, le destin du fils d'ouvrier ne peut être le même que celui du fils de bourgeois.

L’individu est soumis à un déterminisme social : le poids de l’hérédité sociale est lourd dans le destin de chacun, l’individu reste déterminé par sa condition de classe ce qui empêche une réelle mobilité sociale, il n’a pas le choix de sa destinée et, si la mobilité existe pour certains individus, elle n'abolit l'existence des classes sociales elles-mêmes par delà les individus qui les composent.

2.2. L’analyse de Max Weber propose une triple hiérarchisation sociale.

Les sociétés sont toutes stratifiées, on l'a déjà  dit. Cela signifie qu'elles sont composées de groupes sociaux aux caractéristiques différentes. Ces groupes sont hiérarchisés, c'est-à-dire que certains sont " en haut " de l'échelle, d'autres " en bas ", certains " au-dessus ", d'autres " en dessous ". Il y a donc un classement des différents groupes sociaux.

Max Weber dans la continuité de Marx retient le critère économique qui positionne les individus dans cette hiérarchie sociale mais il s’oppose à ce déterminisme économique et à la vision conflictuelle des classes sociales en proposant une triple hiérarchisation.

2.2.1. Les classes sociales

La première hiérarchisation concerne le champs économique et définit des classes sociales. Elles reposent sur la même position économique qu’occupent les individus et qui définit les conditions de se procurer les biens et les services.

On voit tout de suite une première différence avec la pensée de Marx : ce n'est pas la position dans le mode production qui est déterminante mais la position dans l'accès aux biens et services offerts. Si lutte il y a , elle a plus l'aspect d’une lutte individuelle par exemple pour obtenir un meilleur emploi, un revenu plus élevé et quand elle est collective l'objectif n'est pas de renverser le mode de production.

Dès lors, que c'est l'accès aux biens et services qui est la base des classes sociales, on, c'est-à-dire le sociologue ou le statisticien, forme autant de groupe d'individus qu'il le trouve cohérent pour décrire les différences d'accès à ces biens ou services. Vous en verrez une exemple dans la partie suivantes sur les prolongements de cette pensée. Pour Marx, à l'inverse, les classes se voient en action et existent réellement : le sociologue ne peut que constater leur existence.

Enfin, dernière différence avec Marx, c'est qu'il n'existe pas seulement deux classes, dont l'une vit de l'exploitation de l'autre, mais un grand nombre possible de classes qui ont des niveaux de vie différents.

2.2.2. Les groupes de statut

La hiérarchie selon les groupes de statut repose sur un critère qui n'est pas économique mais social, le prestige fondé sur la considération sociale et qui se traduit par un style de vie, en particulier un mode de consommation et un mode d’habitat spécifiques.

Dans les sociétés aristocratiques de l'Ancien Régime, cette considération reposait essentiellement sur la naissance et plus avant encore sur les qualités guerrières.

Dans les sociétés modernes, cette hiérarchie, repose plus sur l’instruction et la profession, ce qui peut s’illustrer par la place qu’occupait « Monsieur l’instituteur » dans les villages de la France sous la III° République.

Aujourd’hui elle s’exprime encore à travers une logique des groupes sociaux aux liens interpersonnels forts, à la défense d’intérêts communs et à « l’entre soi » favorisant l’endogamie comme peut le montrer le statut de médecin.

La hiérarchie sociale repose donc sur des jugements collectifs (pas individuels) de valeur : par exemple, dans notre société actuelle, il " vaut mieux " (du verbe valoir, même racine évidemment que " valeur ") être médecin qu'instituteur (même s’il est devenu professeur des écoles). C'est socialement plus valorisé. Le médecin aura donc plus de richesses, plus de pouvoir, plus de reconnaissance sociale que l'instituteur. Cela ne préjuge en rien de l'utilité réelle de leur fonction. Cela signifie simplement que notre société accorde plus de valeur sociale à  la fonction de médecin qu'à  celle d'instituteur, de même qu'elle en accorde plus à  celle d'instituteur qu'à  celle d'éboueur.

2.2.3. Les partis politiques

La dernière hiérarchie repose sur un critère politique.

Ce qui est fondamental ici c'est la conquête du pouvoir politique pour contrôler l'État. Dans une société démocratique, c'est la proximité avec le ou les partis au pouvoir qui détermine la hiérarchie politique. Les membres des partis politiques au pouvoir ont plus d'influence que les individus qui n'en font pas partie. Le conseiller économique actuel du Président de la République actuel a sans aucun doute plus d’influence sur les décisions à prendre que vous qui lisez ce texte ou moi qui l'écrit ! Nous sommes donc ensemble en bas de la hiérarchie si l'on considère ce critère politique.

A travers ces trois échelles hiérarchiques, économique, sociale et politique, Max Weber propose une analyse multidimensionnelle de la structure sociale et introduit l’idée que des critères multiples différencient les individus sachant qu’il n’y a pas de correspondance mécanique entre ces trois échelles. Ainsi on peut avoir du prestige sans être pour autant fortuné comme l’étaient les instituteurs de l’école de Jules Ferry.

Si l’expression de classes sociales est aussi utilisée, c’est avec un détournement de sens de la définition marxiste : la société est bien hiérarchisée, les classes superposées les unes sur les autres, mais elles sont perméables les unes aux autres, elles sont en contact les unes aux autres, elles sont proches et leurs limites peu nettes. De plus, plus les groupes sont nombreux, moins les différences entre eux sont grandes, on assiste à un émiettement de la structure sociale. Dans ce type de situation sociale, l’individu n’est qu’influencé par son origine sociale, il a une marge de manœuvre, un choix pour construire sa propre destinée : il peut s’inscrire dans une stratégie individuelle de mobilité sociale.

2.3. Les prolongements contemporains.

L'évolution des sociétés occidentales, synthétisée par l'idée de moyennisation, a remis en cause l'analyse marxiste traditionnelle, les sociologues raisonnant  pour certains en termes de stratification sociale,  pour d'autres en gardant l'idée de classes sociales comme le faisait P. Bourdieu.

2.3.1. La moyennisation de la société au ème siècle met à mal la vision marxiste des classes sociales.

  • Le rapprochement des modes de vie a été permis par la réduction des inégalités économiques et sociales traditionnelles. Si l'on prend l'ensemble du 20ème siècle, on ne peut pas nier la réduction des inégalités économiques : les bas revenus ont progressé nettement plus vite que les hauts revenus, la consommation s'est beaucoup accrue (spécialement après la seconde guerre mondiale) pour toutes les catégories sociales, rendant possible l'accès quasi généralisé aux biens de consommation durables (automobile, réfrigérateur, télévision, lave-linge, etc…). Parallèlement, la sécurité devant les aléas de la vie a beaucoup progressé pour tous grâce au développement de l’État providence : la Sécurité sociale a permis à  tous les Français de se soigner convenablement et de bénéficier de pensions de retraites permettant de vivre dignement la dernière partie de sa vie lorsque l'on ne peut plus travailler, ce qui était très loin d'être le cas auparavant. La très grande sécurité de l'emploi durant les Trente glorieuses a également permis à  beaucoup de ménages de faire des projets et d'emprunter pour acquérir leur logement (l'accession à  la propriété s'est développée dans toutes les couches sociales notamment les classes moyennes). Enfin, la scolarisation de tous les enfants s'est allongée. Résultat : on peut soutenir l'idée que les modes de vie se ressemblent de plus en plus, quel que soit le groupe social auquel on appartienne. Ainsi, l'habillement est beaucoup moins typé socialement qu'il ne l'a été (tout le monde porte des jeans), les départs en vacances concernent un nombre grandissant de français, on retrouve sur les bancs du lycée des enfants de tous les groupes sociaux qui ont donc un lieu commun de socialisation, etc.
  • Dans le monde du travail, les différences se sont aussi beaucoup atténuées : les agriculteurs sont de moins en moins nombreux et leurs tâches de gestion les font de plus en plus ressembler à  des chefs d'entreprise de l'artisanat ou de l'industrie. Les ouvriers travaillent de moins en moins souvent directement la matière, ils ont le plus souvent des fonctions de contrôle sur des opérations de production de plus en plus souvent automatisées et surtout ils sont de plus en plus nombreux à travailler dans le tertiaire comme les chauffeurs routiers. Certains cadres doivent se passer de secrétaire et tapent eux-mêmes leurs rapports ou leur courrier, de même qu'ils gèrent seuls leur agenda. L'autonomie dans le travail est plus grande à  tous les échelons de la hiérarchie. Donc, là  aussi, les différences s'atténuent. De plus, durant la plus grande partie du Xxème siècle, les droits des ouvriers et plus largement des salariés se sont étendues : outre la protection sociale déjà signalée au-dessus, mentionnons la durée du travail, les droits syndicaux, les conditions de travail (hygiène, sécurité, etc.). Bref, le statut de salarié est devenu un statut protecteur.
  • On comprend ainsi la diminution de la conscience de classe et des affrontements de classes. Précisons de plus que les individus cherchent de plus en plus à  accroître leur consommation et donnent la priorité à  l'amélioration de leur situation personnelle et de celle de leurs enfants sur la défense de leur groupe social. Le résultat est que les conflits sociaux collectifs diminuent en nombre au profit d'une compétition entre individus (même si vous n'avez pas du tout cette impression, il y a beaucoup moins de grèves à  la fin du 20ème siècle que dans les années 1970, par exemple. De même s’atténue le sentiment d’appartenir à une classe sociale : 68 % des français avaient ce sentiment dans un sondage de 1976, ils ne sont plus que 55% en 2002. Par ailleurs, depuis les années 1960, la part des personnes s'identifiant à la classe moyenne a doublé (en 2002, entre la moitié et les trois quarts des Français – source : site des SES de l’ens-lyon).

La constitution d'une vaste classe moyenne, regroupant les professions intermédiaires, certains cadres, les ouvriers qualifiés, une bonne partie des employés (notamment les plus qualifiés), serait la conséquence de cette réduction des inégalités, mais aussi de l'uniformisation des modes de vie.

L’analyse du sociologue français Henri Mendras  prend en compte ces évolutions majeures de la seconde moitié du XX° siècle en mettant en évidence une constellation centrale. Ainsi la structure sociale se déforme et prend la forme d’une toupie : la société française « prend du ventre » par la multiplication des catégories intermédiaires en particulier dans l’éducation, la santé à l’image des infirmiers, position entre les décideurs, les médecins, et les exécutants, aides soignants.

Ainsi une approche ternaire, classes supérieures, classes moyennes et classes populaires, se substitue à l’approche binaire de Marx (bourgeoisie et prolétariat).

2.3.2. La sociologie anglo-saxone adopte une démarche dans le prolongement de Max Weber.

Cette sociologie développe des analyses mobilisant la notion de stratification au sens restreint du terme : l’expression classes sociales est utilisée au sens de strates sociales en s’opposant à la définition marxiste des classes sociales. Cette conception théorique fait de la société une simple superposition de strates ou couches sociales et les individus se différencient les uns des autres par de multiples critères comme le revenu, le diplôme, le prestige, le pouvoir, donnant naissance à des groupes multiples.

Cette approche peut être illustrée par l’étude de W.L.Warner dans les années 1930 réalisée dans une petite ville américaine, les classes sociales à Yankee City.

Son objectif ici est de répartir l’ensemble des habitants comme composant une mini société et non d’étudier les rapports de force entre les groupes. Il y a une graduation régulière des positions allant des plus dotés en ressources économique, sociales et politqiues (« upper class ») aux moins dotés (« lower class »), en passant bien su par les classes moyennes (« middle class » elle-même composée en « Upper-middle class » et « « lower-middle class »). Précisons enfin  que et ces positions peuvent changer.

Vous le voyez, cette sociologie reprend l’approche nominaliste des classes sociales selon Weber : les classes ne sont pas des reproductions du réel mais des créations de l’observateur, des constructions intellectuelles opérées par le sociologue en retenant des critères de classement pour saisir le réel.

2.3.3. Pierre Bourdieu construit un espace social fondé sur la détention de capitaux.

Ce sociologue français emprunte autant à Weber qu’à Marx. Au premier il reprend l’approche multidimensionnelle de la structure sociale, en particulier une hiérarchie de prestige qui se traduit par des styles de vie spécifiques ; au second, les rapports de classes fondés sur la domination.

La position des individus dans l’espace social dépend du volume et du type de capital détenu par chacun : un capital économique (revenus et patrimoine), un capital culturel (en particulier institutionnalisé à travers les diplômes obtenus) et un capital social (relations de sociabilité et réseau social pouvant être mobilisé ). Cette approche sera reprise dans l’étude des facteurs de la mobilité sociale en partie 2 de ce chapitre.

Si le capital économique joue un rôle traditionnel dans la répartition des individus, Bourdieu insiste sur le rôle déterminant du capital culturel et minimise le capital social.

Trois classes sociales se positionnent : la classe dominante, les classes moyennes, les classes populaires et l’espace des positions sociales recoupe celui des styles de vie. Les variables explicatives de la diversification des pratiques sociales sont nombreuses mais, le capital culturel est la variable originale sur laquelle insiste Pierre Bourdieu. De ce point de vue et dans le champ de la consommation, la classe dominante se distingue des autres par la culture légitime, celle qualifiée de « bon goût » comme pratiquer le golf, jouer du piano, faire des tournois de bridge, aller à l’opéra et déguster du champagne … (exemples donnés par l’auteur dans les années 1970), alors que les classes populaires pratiquent le football, jouent de l’accordéon, préfèrent la belote, vont au bal public et boivent du vin rouge ordinaire.

Cependant, Bourdieu insiste sur la violence symbolique des classes dominantes vis-à-vis des autres classe sociales : elles imposent aux autres des attitudes, un style de vie que leur position dans la société rend légitimes. Ainsi, dans le langage courant le terme culture englobe plus les activités des classes dominantes (lecture d'auteurs reconnus, sorties au théâtre ou à l'opéra) que celle des classes dominées (concours de boule, belote, bricolage, etc.). L'école, nous le verrons dans le prochain chapitre, est une des institutions par laquelle cette culture des classes dominantes est imposée comme légitime aux autres classes sociales. Dès lors, les classes moyennes vont chercher à imiter les pratiques des classes dominantes qui vont essayer quant à elle de se différencier d'elles : par exemple, l'accès des classes moyennes au tennis dans les années 1970 et 80 fait que les classes dominantes vont se tourner vers d'autres activités comme le golf.

Voilà donc présentées deux approches plus récentes de la stratification. D'une manière générale, on (c'est-à-dire les sociologues) insiste de plus en plus sur la diversité des critère de différenciation sociale outre la place dans le monde du travail. C'est que nous allons préciser un peu dans le partie suivante.