2.2. La théorie du déséquilibre : le chômage classique et les politiques d’allègement du coût du travail.

L’insuffisance de l’offre sur le marché des produits, alors qu’il n’y a pas de problème de faiblesse de la demande, s’explique par la faible rentabilité de l’activité des entreprises : il n’est donc pas intéressant pour elles de produire. On comprend bien dès lors, le lien avec le chômage : les entreprises n’embauchent pas parce que la production n’est pas suffisamment rentable. Dans cette situation, on parle de chômage classique.

Il existe différentes manières, pour l’État, de réduire les coûts des entreprises afin d’améliorer leur rentabilité. Les entreprises versent, en effet, de nombreux impôts à l’État et notamment l’impôt sur les bénéfices. En abaissant ce taux, la rentabilité s’améliore et l’activité est encouragée tout comme les embauches. L’emploi peut donc augmenter et le chômage se réduire. D’autres impôts, d’autres taxes peuvent être réduites bien sûr. Insistons sur une politique fréquemment menée notamment en France depuis le milieu des années 90 : la réduction du coût du travail. L’État a deux moyens essentiels pour cela : baisser le SMIC (ou faire en sorte qu’il n’augmente pas trop fortement) et/ou réduire les cotisations sociales. Les cotisations, vous le savez peut-être, sont versées aux organismes de protection sociale et sont calculés comme un pourcentage du salaire (le taux de cotisation sociale). L’État peut donc baisser le taux de cotisation sociale ce qui réduira le coût du travail. Dans ce cas, la rentabilité des entreprises pourra s’améliorer (toutes choses égales par ailleurs) ; les entreprises seront incitées à produire plus et à embaucher. Le chômage pourra donc baisser.