3.3. L’intervention de l’État fait enfin l’objet d’une critique fondée sur le fait qu’elle ne profite pas toujours aux plus défavorisés.

Étendons cette critique sur le caractère néfaste de cette intervention de l’État en termes de redistribution. Les moyens mis en œuvre par l’État, en France, ne sont pas toujours utilisés par les populations les plus démunies et donc qu’il existe une forme de « redistribution à l’envers ». On peut notamment illustrer cette idée à travers les dépenses d’éducation. En effet, ces dépenses sont plus élevées en moyenne pour les enfants de cadres que d’ouvriers. Pour 2 raisons. D’une part, les enfants de cadres font en moyenne davantage d’années d’étude que les enfants d’ouvriers. D’autre part, il existe une série de dispositifs scolaires réservés aux élèves les meilleurs et dont le coût est plus élevé (classes bilangues, section européennes, classes préparatoires, IUT…). Or, ces dispositifs, s’ils sont ouverts à tous en théorie, réunissent souvent en proportion beaucoup plus d’enfants de cadres que d’ouvriers. On retrouve ce même écart dans l’utilisation des services culturels (musées, bibliothèques, théâtre, etc.) : ce sont bien davantage les classes moyennes que les classes populaires qui consomment abondamment ces services. Ce qui pose la question de leur rôle dans la réduction réelle des inégalités face à l’école et à la culture.