Synthèse Chapitre 1. Quelles sont les sources de la croissance économiques ?

La croissance économique, qui correspond à l’augmentation des biens et services produits par une population, est, bien sûr, la base de son enrichissement matériel, si ce n'est de l'amélioration de son bien-être de la population, enrichissement matériel, hausse du niveau de vie et bien-être n'étant pas synonymes. C'est ce que nous verrons dans une première partie. Puis, nous préciserons, dans une deuxième partie, les mécanismes par lesquels les économistes néoclassiques expliquent la croissance économique ; explications qui seront complétées enfin, dans une dernière partie, d'abord par certaines analyses des théoriciens de la croissance endogène et par la prise en compte de certaines institutions qui favorisent l'activité productive.

1. De la croissance économique à l'enrichissement

La croissance économique augmente la quantité de biens et services à disposition des personnes qui les produisent. Mais, dans une économie complexe comme la nôtre, les individus ne consomment pas ce qu'ils produisent. Ils doivent, certes, acheter à d'autres des biens et des services à partir des revenus qu'ils gagnent grâce à leur activité professionnelle mais, dans leur propre activité productive, ils utilisent des biens et des services produits par d'autres ; la mesure de la production (et de son augmentation) est donc plus compliquée que la seule addition des biens et services que chacun produit ou achète : il faut passer pour cela par la notion de valeur ajoutée. Une fois ce premier point expliqué, on pourra mesurer correctement la croissance économique et le niveau de vie. Cependant, on verra qu'il ne faut pas assimiler haut niveau de vie et bien-être : un autre indicateur mesure mieux ce dernier aspect, l'Indicateur de Développement Humain (IDH).

1.1. Comment mesurer l’activité économique ? L’intérêt du PIB, addition des valeurs ajoutées, pour mesurer les activités productives

Vous l’avez vu en première, la valeur ajoutée est la mesure la plus exacte de l’activité productive. En ajoutant les valeurs ajoutées de tous les agents économiques, vous n’ajoutez pas deux fois la même production puisqu’en calculant la valeur ajoutée vous avez enlevez à la valeur de ce que l’entreprise produit tous ses achats de consommations intermédiaires : ces dernières ne sont pas comptabilisées deux fois. Au niveau macroéconomique, la somme des valeurs ajoutées correspond, en gros, au PIB.

Il faut savoir aussi que toutes les activités productives ne sont pas prises en compte comme les activités illégales, le travail bénévole et le travail domestique.

1.2. De la croissance économique à celle du niveau de vie : une comparaison internationale

La croissance économique, mesurée par la hausse en % du PIB, correspond donc à une hausse de ce qui est produit et donc à une hausse des revenus de ceux qui produisent (les salariés essentiellement) ou participent indirectement à la production (apporteurs de capitaux comme les propriétaires de entreprises). Cette hausse favorise celle du niveau de vie à condition toutefois que la croissance de la population soit moins forte quelle celle du PIB ; Il faut aussi tenir compte du fait que certains revenus gagnés dans un pays peuvent être utilisés dans un autre pays (Total peut rapatrier en France des revenus gagnés dans d’autres pays). Dans une économie ouverte sur l’extérieur, le RNB (qui enlève au PIB les revenus envoyés au reste du monde et qui ajoute les revenus reçus du reste du monde) est un meilleur indicateur des revenus qui peuvent être dépensés dans le pays.

Par conséquent, le RNB par habitant sera un meilleur indicateur du niveau de vie moyen que le PIB par habitant.

On se rend compte que ce sont les pays ayant connu depuis deux siècles la plus forte croissance économique qui ont vu leur niveau de vie le plus augmenter. En est-il de même de leur bien-être ?

1.3. Si le niveau de vie est un indicateur intéressant, il n’est pas forcément parfait pour mesurer le bien-être d’une population : les avantages de l’IDH.

Bien entendu, le niveau de vie mesuré par le PIB (ou le RNB) par habitant est un revenu moyen et il permet donc de mesurer ce qu’en moyenne une personne peut consommer pour satisfaire ses besoins matériels (se nourrir, se vêtir, etc.). Toutefois, ses limites sont nombreuses. Citons en trois.

Tout d’abord, un revenu moyen élevé peut cacher de fortes inégalités et donc, ne pas refléter fidèlement le niveau de vie de toute la population : une petite partie de la population peut très bien percevoir une grande partie des revenus.

Ensuite, l’élévation du PIB par habitant peut ne pas compenser les efforts effectués pour augmenter la production : temps de travail plus long, plus intensif, dans des conditions dangereuses, etc. et des conséquences négatives sur l’environnement.

Enfin, l’augmentation du niveau de vie est souvent corrélée avec un élargissement du rôle de l’État et des ponctions plus importantes (par des hausses d’impôt). Mais se pose la question de l’utilisation par l’État de ses ressources : améliorer la santé, l’éducation ? Ou développer une armée ? Et celle de la façon de les prélever par des impôts progressifs ou des impôts proportionnels ? Les conséquences de ces choix auront une influence plus ou moins forte sur le bien-être de l’ensemble de la population.

Devant ces insuffisances, un autre indicateur a été construit : l’IDH. S’il ne tient pas compte des problèmes d’inégalité et d’environnement, il se veut plus qualitatif que le simple PIB/habitant. En plus, du RNB/habitant, il comprend l’espérance de vie à la naissance et un indicateur de niveau de formation. (voir cette notion pour plus de détail).

On peut effectivement penser que l’allongement de l’espérance de vie permet à l’individu d’élargir son horizon temporel (ce n’est pas une vie au jour le jour) et surtout qu’elle est un signe d’amélioration de sa santé qui lui permet d’accroître les possibilités d’activités, professionnelles ou autres.

De même, une hausse du niveau de formation développe les possibilités d’activités des individus et favorise leur autonomie. Un individu qui ne sait ni lire ni écrire est dans une situation de dépendance et voit ses possibilités d’activités professionnelles largement réduites.