Termes de l'échange

Lexique

Rapport de l'indice des prix des exportations sur l'indice des prix des importations.

Définition

L'indice des termes de l'échange rapporte le prix des exportations à celui des importations :

T = [indice des prix des exportations / indice des prix des importations] x 100


Les termes de l'échange s'améliorent dans le temps (T>100) si une économie exporte une quantité moindre de marchandises pour se procurer la même quantité de biens importés (en d'autres termes, les mêmes quantités exportées permettent d'acheter une quantité accrue de marchandises importées) : les recettes d'exportation s'améliorent.
Dans le cas inverse, les termes de l'échange se dégradent (T).

Ce rapport de prix traduit ainsi l'évolution du pouvoir d'achat des exportations en importations, à volume d'échanges donné (la structure des échanges est fixée): il reflète la compétitivité-prix d'un pays (indépendamment des effets quantités).

Indicateurs

Les termes de l'échange sont mesurés par l'indice des termes de l'échange. Quand on parle termes de l'échange, on parle prix relatifs des importations et des exportations d'un pays.

Tendances

Qu'en est-il de la thèse de la dégradation des termes de l'échange ? Peut-on soutenir que, parce qu'ils exportent des produits dont les prix relatifs diminuent, les PED s'appauvrissent au fil des années ? Il faut d'abord s'interroger sur l'évolution réelle des termes de l'échanges des PED.

  • Raul Prebish montre dans un ouvrage publié en 1950, une nette dégradation des termes de l'échange des pays d'Amérique Latine exportateurs de matières premières sur la période 1876-1938.
  • Depuis les années1950, s'il est difficile de mettre en évidence une baisse généralisée du cours des produits de base, leur instabilité semble la règle. Jusqu'au début des années 2000, si les prix des matières premières ont pu connaître des hauts (à l'image du pétrole), ils ont connu surtout des bas : seules les céréales, et plus particulièrement le blé, semblent échapper à cette glissade des prix.
    Ainsi des études récentes menées au cours des années 1980-90 font état d'une tendance déclinante des prix réels des matières premières non énergétiques de 0,6% par an depuis 1900. Ainsi calculé, ce prix des matières se situait en 1992 à son plus bas niveau observé au cours du XX° siècle. On peut noter cependant une flambée des prix des métaux depuis 2005.

C'est donc une forte instabilité des termes de l'échange des produits de base et une tendance à leur détérioration, au moins jusqu'au début des années 2000, que subissent les PED, évolution suffisamment importante pour être plus que dommageable à ces pays. L'investissement, les dépenses publiques, l'emploi et le pouvoir d'achat de ces populations dépendent directement de ces recettes à l'exportation, et lorsque ces pays sont endettés, ils ne peuvent compter sur des ressources stables pour leurs remboursements.

Enjeux

Les termes de l'échange ont été au cœur du débat sur le sous-développement dans les années 1950-60 : en 1954, on achetait une jeep avec quatorze sacs de café ; en 1962, il en fallait trente-deux ; c'est avec cet exemple que Josué de Castro - économiste brésilien - dénonçait la dégradation des termes de l'échange qui affectait les pays en développement. Il fallait que les PED exportent de plus en plus grandes quantités pour importer la même quantité de produits manufacturés en provenance des pays développés.
Est posé aujourd'hui, le problème du développement extraverti des PED via une stratégie d'exportations : est-ce efficace (du point de vue des prix, en particulier) ?

  • Tout dépend de la spécialisation de l'économie : celle dans les matières premières est peu porteuse d'espoirs de développement, à l'image des pays du continent africain (café en Ethiopie, cacao en Côte-d'Ivoire, cuivre en Zambie, minerai de fer en Mauritanie, etc).
  • L'enjeu est alors la maîtrise des prix internationaux, en particulier des cours des matières premières : à la différence des prix des produits manufacturés ou des prix des services, les prix des produits de base sont extrêmement sensibles aux déséquilibres qui se forment sur les marchés, ils varient donc fortement au cours du temps (pas seulement à la baisse). A ce titre, le pétrole est assez exemplaire : l'intervention du cartel de l'OPEP dans les années 70 et les deux chocs pétroliers n'ont pu empêcher la tendance à la baisse du prix du pétrole brut depuis une trentaine d'années même si l'on remarque de fortes fluctuations d'une année sur l'autre.
  • Comment atténuer l'instabilité de ces prix ? Des politiques économiques peuvent viser à stabiliser ou à compenser des fluctuations à la baisse des prix sur les marchés des matières premières : c'est l'exemple des accords de Lomé entre la CEE et les ACP (pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique). Mais on constate historiquement une tendance à moins d'accords et à un jeu croissant du marché contenant le risque de la spéculation qui peut être encore plus déstabilisatrice, accroissant les incertitudes.
  • Dans ces conditions, le véritable enjeu pour les PED exportateurs de produits de base est de sortir du piège d'une spécialisation héritée de l'époque coloniale, qui constitue l'un des facteurs les plus puissants de blocage de leur développement : elle conduit à leur marginalisation dans l'économie mondiale, elle encourage la formation d'économies de rente issue de l'agriculture ou du secteur minier.

Erreurs Fréquentes

  • confondre indice des termes de l'échange et taux de couverture (rapport entre les exportations et les importations) : ce dernier est influencé par l'évolution des prix (comme l'indice des termes de l'échange) et par celle des quantités échangées.
  • conclure sans nuance à la détérioration des termes de l'échange : tout commentaire doit se faire avec prudence :
    • Construit à partir d'un panier de produits ayant une structure fixe, il reflète l'état des échanges à une date donnée. Or la structure des échanges internationaux par produit se déforme dans le temps : moins de produits bruts, plus de produits manufacturés, ce qui rend plus difficile la comparaison dans le temps pour dégager des tendances séculaires (trend).
    • L'année retenue comme base conditionne les résultats de l'étude : prendre comme référence une année où les cours des matières premières s'envolent ou sont au plus bas conduira à une conclusion fort différente sur la détérioration ou non des termes de l'échange.
    • Il est difficile de voir une détérioration des termes de l'échange lorsqu'un pays paye plus cher une machine plus performante alors qu'il vend son café toujours au même prix : il y a un effet qualité à prendre en compte, mais ce n'est pas facile.
    • Une détérioration peut traduire une évolution économique favorable, la baisse des prix à l'exportation étant provoquée par des gains de productivité : cela encourage les exportations et incite à moins importer et peut permettre de redresser la balance commerciale (c'est le but recherché d'une dévaluation). Inversement, si une hausse des termes de l'échange indique une amélioration du pouvoir d'achat des exportations, elle n'est pas toujours souhaitable : la hausse du prix des exportations dégrade leur compétitivité ce qui peut entraîner des pertes de parts de marché extérieures et dégrader la balance commerciale.