Taylorisme

Lexique

Le taylorisme est un mode d’organisation du travail caractérisé par la division horizontale du travail, par la division verticale du travail et le salaire au rendement.

Définition

Le taylorisme est un mode d’organisation du travail caractérisé par la division horizontale du travail, par la division verticale du travail et le salaire au rendement.

L'organisation scientifique du travail proposée par Taylor, ingénieur américain (1856-1915) repose tout d'abord sur une division technique du travail (organisée par postes), au contraire de la situation passée d'une organisation sociale du travail (organisée par métiers). Les objectifs de Taylor sont de trois ordres : lutter contre la flânerie systématique des ouvriers dans l'atelier, proposer une méthode de fabrication optimale ("one best way"), mettre en place une rémunération au mérite ("fair's day work"), en fonction des cadences constatées. Pour réaliser ces objectifs, l'organisation du travail doit adopter une division du travail horizontale, c'est à dire une fragmentation maximale des tâches au sein de l'atelier entre les différents postes ; et une division verticale reposant sur une séparation complète de la conception technique du produit par les ingénieurs et de son exécution par les ouvriers. A cela s'ajoute une surveillance des ouvriers, par la présence de chronométreurs et d'agents de maîtrise, qui doivent appliquer les méthodes de travail (outils utilisés, temps, etc.) déterminés par les ingénieurs des méthodes.

Indicateurs

Il n'existe pas à proprement parler d'indicateurs chiffrés permettant de qualifier une organisation du travail de taylorienne. Cependant, pour mesurer certaines caractéristiques, il est possible d’étudier : • le pourcentage de salariés soumis à des contraintes de postes (cadence automatique, normes et délais journaliers à respecter, etc.), • la durée des cycles de production pour un salarié (un cycle de moins d'une minute démontre un travail largement taylorisé, en général), • le sentiment exprimé par le salarié d'effectuer des tâches répétitives • l’autonomie dans le travail : moins le travail est autonome, plus il y a de probabilités que l’organisation soit taylorien (mais bien sûr il faut compléter par les autres caractéristiques de l’emploi).
  • le sentiment exprimé par le salarié d'effectuer des tâches répétitives.
  • Tendances

    Il semblerait qu’en France, globalement, le travail taylorien recule du fait de la tertiarisation des activités, du développement de la mécanisation et de la robotisation du travail non qualifié et de la hausse des qualifications.

    Ainsi, par exemple, la proportion de salariés devant respecter strictement des consignes est passé de 41,7 % environ en 1991 à 33,4 % en 2013 d’après la DARES (voir en « savoir plus »). Parmi les ouvriers non qualifiés, cette part est passée de 62,9 % à 47,8 %. Mais à l’inverse, la proportion de salariés indiquant faire toujours le même travail est passé de 5,6 % en 2005 à 7,5 % en 2013 ; elle a augmenté de 17,5 % à 21 % chez les ouvriers non qualifiés. On peut noter que la monotonie dans le travail affecte aussi les activités de service. Par exemple, les quatre secteurs d’activités où la monotonie dans le travail est la plus forte sont, en 2013, la fabrication d’aliments, de boissons et de tabac mais aussi l’hébergement et la restauration, la fabrication de matériels de transport et les activités de transport et d‘entreposage.

    Enjeux

    Les principes du taylorisme sont appliqués progressivement à partir du début du XXème siècle, d'abord aux Etats-Unis, puis très largement en Europe. L'intérêt de recourir à l'organisation scientifique du travail est alors évident : les cadences de production s'accélèrent, la productivité des machines et des hommes augmente. La rationalisation des productions est ainsi réalisée. Pourtant les salariés témoignent de la difficulté du travail parcellisé et souvent déqualifié, des contraintes physiques imposées par les cadences de production et parfois de la dureté des rapports hiérarchiques. La qualité de la production s'en ressent. Il faut donc réussir à combiner une réelle efficacité économique avec une meilleure intégration sociale et humaine des salariés. Aujourd’hui, la question se pose encore de l’utilité du taylorisme étant donné les qualifications plus importantes de la population salariée et de la mécanisation importante du travail ouvrier peu qualifié. De plus, la tertiarisation des activités économiques peut mettre en doute l’utilité du taylorisme : la relation de service peut-elle se découper comme un travail de nature industrielle.

    Erreurs Fréquentes

    Il ne faut pas confondre le taylorisme et le fordisme : le taylorisme n’est pas le travail à la chaîne alors que le fordisme lui correspond, du point de vue de l’organisation du travail, au travail à la chaîne.

    Croire que le taylorisme (et le fordisme d’ailleurs) est devenue progressivement l’organisation du travail dominante alors que la diversité des formes d’organisation selon les secteurs d’activité et la taille des entreprises notamment.

    En savoir plus

    Des enquêtes sont réalisées par le service statistique du ministère du travail ici