Société democratique

Lexique

Société qui repose sur le principe d'égalité ce qui permet aux individus d'envisager une mobilité sociale.

Définition

Société qui repose sur le principe d'égalité c'est à dire de non hérédité sociale et politique : les positions sociales ne sont pas liées à l'appartenance sociale. Dans le domaine politique par exemple, on ne devient pas Président de la République de père en fils !

Ce principe se traduit par une égalité des droits politiques et civiques qui s'applique à tous les membres de la société. Ceux-ci au-delà de leurs particularités et différences, sont tous citoyens sur un pied d'égalité et c'est pourquoi le peuple est le fondement de la souveraineté politique.

Ce principe d'égalité se traduit aussi par une égalité des chances qui permet l'idée que l'on peut échapper au destin de son groupe social. Cette possibilité d'accéder aux positions élevées de la société s'accompagne d'un désir de bien être matériel et repose sur la volonté d'uniformisation des modes de vie.

La société démocratique est donc une société valorisant l'égalité, une société ouverte et méritocratique, dont la définition a été proposée par Alexis de Tocqueville.

Indicateurs

Pour apprécier la force d'une société démocratique, on peut faire appel aux indicateurs qui mesurent d'une part les inégalités, d'autre part, la mobilité sociale. Ces indicateurs vous sont présentés dans les notions correspondantes de ce chapitre.

De plus, l'importance de la participation politique peut être aussi un indicateur mesurant la force d'une société démocratique : l'abstention aux élections politiques, la vigueur de la vie associative (nombre d'associations, de bénévoles).

Tendances

On peut s'interroger d'une part sur la persistance des inégalités et d'autre part, sur la réalité de la mobilité sociale.

  • Les inégalités : se réduisent-elles ou non ?
    Les grandes tendances de la fin du XX° siècle, montrent une certaine réduction des inégalités dans la société française au cours des années soixante-dix et d'une croissance des inégalités depuis les années quatre-vingt dix, en particulier inégalités des patrimoines et des revenus qu'ils produisent. Ces évolutions traduisent-elles d'ailleurs une plus grande acceptation des inégalités de la part des individus ou une indifférence face aux politiques fiscales ou autres qui les favorisent ? Par ailleurs, les différentes formes de discrimination sont toujours d'actualité, en particulier face à l'emploi et au logement.

  • La mobilité sociale : se renforce-t-elle ou non ?
    Si elle semble augmenter entre les enquêtes de 1977 et 1993, elle a tendance à stagner entre celles de 1993 et 2003, venant confirmer l'idée d'un "ascenseur social en panne" et illustrant la crise des classes moyennes.

Enjeux

Deux questions interrogent le principe démocratique : "Tous les hommes naissent libres et égaux en droit".

  • L'égalité : mythe ou réalité ?
    Le principe d'égalité demeure un idéal dans notre société démocratique. Cela traduit le fait que l'égalité de droit ne se transforme pas automatiquement en égalité de fait, que l'égalité de condition (égalité des statuts qui signifie qu'il n'y a pas de différence héréditaires des positions sociales à la différence de la société aristocratique par exemple) n'est pas synonyme d'égalité de situation (c'est à dire une égalité réelle en termes de revenus par exemple). En d'autres termes, les inégalités de situation voire l'hérédité sociale demeurent une composante de notre société et la recherche d'une meilleure égalité des chances à l'école notamment, en témoigne.
  • Comment concilier égalité et liberté ?
    Trop d'égalité peut tuer la liberté comme trop de liberté peut nuire à l'égalité. D'un côté, les excès de l'égalitarisme peuvent conduire au totalitarisme, la recherche de plus en plus grande de l'égalité pouvant aboutir à renier la liberté qui a tendance à différencier chacun. De l'autre, les excès du libéralisme peuvent accentuer les écarts entre individus, inégalités des situations comme de l'inégalité des chances. Ces risques nécessitent pour les réduire, un citoyen attentif et actif dans le domaine du politique.

Erreurs Fréquentes

Ce n'est pas vraiment une erreur mais l'expression "société démocratique" est entendue ici comme en "état social", c'est à dire un type de société et non comme simplement un régime politique. Certes la dimension politique n'est pas à négliger, cette société donnant du pouvoir à l'individu-citoyen, un Etat de droit lui assure l'égalité politique, des droits politiques, civiques et des libertés publiques, mais l'accent est mis ici sur la définition sociale de la démocratie.