Revenu par tête

Lexique

Rapport entre le revenu global du pays et le nombre d'habitants de ce pays.

Définition

Le revenu par tête est le rapport entre le revenu global du pays et le nombre d'habitants de ce pays. Mais qu'est-ce que le revenu ?

Le revenu se définit toujours sur une période donnée, une année par exemple. Le revenu national est un agrégat calculé à  partir du PIB. En effet, la production de richesses permet la distribution de revenus, aux ménages comme aux entreprises. Pour comptabiliser tout ce qui peut être distribué sous forme de revenus aux agents économiques ayant participé à  la production, il faut enlever du PIB ce qui est consacré au renouvellement du capital existant (amortissement) et les impôts sur la production. Il faut aussi y ajouter le solde des revenus versés au et reçus du reste du monde. Le revenu national va être réparti, essentiellement entre les entreprises et les ménages.

Si l'on parle maintenant du revenu d'un ménage (qui peut être le revenu d'une seule personne), on peut dire que, en général, ce sont les sommes d'argent perçues par la personne ou le ménage au cours de la période considérée. Mais il y a aussi des revenus « en nature » : par exemple, quand le proviseur du lycée est logé dans l'établissement, on considère qu'il perçoit un revenu en nature, l'équivalent du loyer qu'il devrait payer s'il n'était pas logé sur place. C'est la même chose pour les voitures de fonction, par exemple.

Les revenus des ménages peuvent être classés en différentes catégories :

  • les revenus primaires sont versés en contrepartie d'une participation à  la production alors que les revenus de transfert sont versés quand l'individu ou le ménage remplissent un certain nombre de conditions. Par exemple, les allocations familiales sont versées en fonction du nombre d'enfants de moins de 20 ans dans la famille, et elles sont les mêmes quels que soient les revenus de la famille.
  • Les revenus primaires comprennent les revenus du travail, ou revenus d'activité (salaires et traitements de la fonction publique, mais aussi honoraires des professions libérales, par exemple) et les revenus du capital, ou revenus de la propriété (dividendes et intérêts, loyers perçus, par exemple).
  • Le revenu disponible est le revenu dont un individu, ou plus souvent un ménage, peut disposer librement : pour le calculer, il faut ajouter tous les revenus perçus par le ménage (revenus primaires et revenus de transfert) puis enlever ce que le ménage à  l'obligation de payer, c'est-à -dire les impôts directs et les cotisations sociales. Donc :

           R disponible = R primaire + R de transfert - (cotisations sociales + impôts directs)

On parle parfois de « revenus bruts ». Pourquoi cet adjectif ? Quand on fait la somme des revenus distribués aux ménages, par exemple, on inclut les revenus touchés par les entrepreneurs individuels (comme un boulanger ou un agriculteur). Or ces revenus (qui n'ont rien à  voir avec des salaires) sont « bruts », c'est-à -dire qu'on n'a pas déduit l'amortissement (ou compensation de l'usure) du capital possédé par ces entrepreneurs individuels. C'est la raison pour laquelle on parle de « revenus bruts ».

Indicateurs

Le revenu par tête est lui-même un indicateur... On peut cependant le compléter par des outils qui lui donne davantage de signification :

  • Si l'on veut étudier la dispersion et l'inégalité des revenus, on va utiliser des outils qui sont présentés dans le cours : répartition par décile et courbe de Lorenz. Vous trouverez dans le cours leur présentation et des activités à  leur propos.
  • Si l'on veut étudier l'évolution des revenus sur une période, il est nécessaire de disposer du revenu par tête réel, c'est-à -dire du pouvoir d'achat. Il faut donc passer du revenu nominal (ou en valeur) au revenu réel (ou en volume) en enlevant les effets de l'inflation qui gonfle artificiellement le revenu nominal. On rappelle (programme de seconde) que pour calculer un revenu à  prix constant, on applique la formule suivante :

R réel = (R nominal / indice des prix) x 100

Tendances

Quelques grandes tendances sont à  connaître en ce qui concerne la France :

  • depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les revenus réels ont énormément augmenté en France : une fois supprimés les effets de l'inflation, en pouvoir d'achat, donc, le revenu moyen par personne a été multiplié par plus de 4 depuis 1950. Et contrairement à  ce que l'on croit parfois, la progression du pouvoir d'achat, ralentie depuis 1980, s'est cependant poursuivie globalement, même si certaines catégories en ont moins profité que d'autres.
  • L'origine des revenus des ménages s'est profondément transformée depuis la fin de la seconde guerre mondiale : la part des revenus primaires a beaucoup diminué alors qu'augmentait la part des revenus de transfert. On peut voir là  à  la fois le résultat du développement de l'Etat providence et du vieillissement de la population (il y a proportionnellement de plus en plus de retraités, qui touchent des retraites, donc des revenus de transfert).
  • L'inégalité des revenus a diminué entre 1955 et 1980 environ. Depuis, les choses sont beaucoup moins nettes : il y a eu des périodes où l'inégalité réaugmentait légèrement, d'autres où la reprise de la diminution semblait s'amorcer. Il semble bien, en tout cas, que la réduction des inégalités de revenus ne soit plus vraiment à  l'ordre du jour.

Les statistiques du revenu par tête permettent également de comparer le niveau de vie dans différents pays et, donc, de mesurer les inégalités existant entre ces pays. Il faut toutefois être prudent dans l'interprétation de ces statistiques : les revenus sont plus ou moins bien connus selon les pays et, surtout, disposer du revenu moyen ne nous dit rien sur la répartition du revenu dans ce pays : si elle est très inégalitaire, la comparaison avec des pays où la situation est différente n'aura pas beaucoup de sens.

Enjeux

Le revenu par tête est un revenu moyen. Comme toutes les moyennes, il ne donne aucun renseignement sur la répartition de ce revenu entre les différentes "têtes", c'est-à -dire entre les personnes ou les ménages. Il n'est donc pas un indicateur suffisant, à  lui seul, pour parler du niveau de vie d'un pays.

Chercher à  connaître les revenus, c'est chercher à  mesurer du même coup l'inégalité entre ces revenus. La connaissance des revenus est donc inséparable de la réflexion sur les inégalités. On sait bien que les inégalités ne sont pas que d'ordre économique mais on sait aussi à  quel point les inégalités de revenu engendrent d'autres inégalités. Bien connaître et bien mesurer les revenus a donc un enjeu de taille dans la discussion autour des inégalités. Cela ne résoud pas du tout la question de savoir si l'inégalité est juste ou injuste (ce qui relève d'un choix de société, d'un consensus social). Malheureusement, la connaissance des revenus est encore loin d'être parfaite en France et ailleurs (spécialement dans les pays les plus pauvres) : la source essentielle de connaissance est l'administration fiscale et on sait que, pour essayer de payer moins d'impôts, certains cachent une partie de leurs revenus.

Erreurs Fréquentes

  • Attention de ne pas confondre revenus et salaires. Les salaires sont des revenus (du travail), mais tous les revenus ne sont pas des salaires (loin de là  !).
  • Quand on parle « revenus » et qu'on a des statistiques, il faut toujours se demander s'il s'agit des revenus d'une personne ou d'un ménage, ce qui n'est pas la même chose.
  • Quand on a des statistiques sur l'évolution des revenus au cours du temps, il faut vérifier que les revenus ont bien été transformés en grandeurs réelles, c'est-à -dire corrigées de l'inflation. On le voit à  certaines formulations : les revenus sont corrigés de l'inflation quand on les a en euros (ou dollars, ou …)  « de 1990 (ou n'importe quelle autre année) », en euros « constants », « en volume ».