Productivité du travail

Lexique

La productivié du travail est une mesure de l'efficacité productive du travail. Par conséquent, elle compare la production réalisée à la quantité de travail utilisée.

Définition

La productivié du travail est une mesure de l'efficacité productive du travail. La productivité du travail compare la production réalisée à la quantité de travail utilisée. On a donc le rapport : productivité du travail = quantité produite / quantité de travail utilisée.

La quantité de travail utilisée peut être mesurée simplement par le nombre de travailleurs (ou nombre d'emplois) ; on obtient alors la productivité par tête (ou productivité moyenne). Mais la durée du travail peut être très différente d'un pays à un autre. La quantité de travail est donc plus précisément mesurée quand elle est mesurée en heures, en faisant le produit "durée moyenne du travail (en heures par an) x nombre de travailleurs". On obtient alors la productivité horaire.

Indicateurs

La productivité du travail est mesurée par le rapoort suivant: productivité du travail = quantité produite / quantité de travail utilisée. Le numératuer et le dénomitauer peuevnt se mesurer de différentes façons.

La productivité peut se mesurer en grandeurs physiques : au numérateur, la production sera mesurée par le nombre d'unités fabriquées (nombre de Twingo fabriquées par mois dans l'usine Renault) ; au dénominateur, le travail sera mesuré par le nombre d'heures travaillées dans le mois multiplié par le nombre de travailleurs de l'usine. On aura un résultat du genre : en une heure de travail, on fabrique 1/1000 de Twingo chez Renault (chiffre inventé, évidemment !). Autre exemple, la SNCF calcule la productivité de ses cheminots en divisant le nombre de personnes transportées dans l'année par le nombre de cheminots.

Souvent la productivité du travail se mesure "en valeur" : cela signifie que pour mesurer la production, on utilise la valeur ajoutée (calculée en soustrayant du montant des ventes le montant des consommations intermédiaires). On compare alors cette valeur ajoutée (en euros, par exemple) à la quantité de travail utilisée.

La productivité horaire du travail est la quantité produite en une heure de travail. La productivité moyenne (ou par tête) du travail est la quantité produite par travailleur. La première est plus significative que la seconde : en effet, si le temps de travail est plus long dans l'entreprise A que dans l'entreprise B et la production et le nombre de travailleurs les mêmes, A et B auront la même productivité par tête, mais B a une productivité horaire supérieure à celle de A.

Au niveau macroéconomique, on calcule une productivité du travail appelée productivité apparente du travail parce que la production (au numérateur) dépend non seulement du travail et de sa propre efficacité mais aussi du capital.

Remarque : la plupart du temps, vous ne trouverez pas de statistiques sur la productivité elle-même. Vous trouverez la croissance de la productivité ou, dit autrement, les gains de productivité. Dans ce cas, vous aurez des taux de croissance et vous saurez que dans tel pays, entre telle date et telle date, la productivité a augmenté de x%.

Tendances

La productivité du travail, comme celle du capital, ont en général tendance à s'accroître. C'est le progrès technique qui permet d'augmenter la productivité, en particulier grâce aux nouveaux procédés de production (pensez aux machines à commande numérique, par exemple), aux nouveaux produits (les plastiques, par exemple) ou aux nouveaux modes d'organisation du travail (le travail à la chaîne, par exemple). Cette augmentation a été forte en France durant les Trente glorieuses (5,2 % d'augmentation de la productivité horaire entre 1951 et 1974) du fait d'un rattrapage technologique vis-à-vis des Etats-Unis, d'une amélioration de l'organsiation du travail, des transferts d'activité vers des secteurs les secteurs plus productifs, etc. Par la suite, le ralenntissement des gains de productivité a été progressif mais net (moins de  moins de 1% d'augmentation de 2003 à 2014) du fait de la fin du rattrapge technologique dans les années 70-80 et plus récemment des efforts d'investissement peut-être insuffisants en tous cas dans les NTIC, de la faible qualité du management et de transférer les activités vers les entreprises les plus efficaces. Voilà quelques raison souvent avancées. (voir rubrique en savoir plus)

Cependant, aujourd'hui, un problème spécifique demeure : la production est de plus en plus immatérielle (la part des services atteint souvent 70% de la production) et il est très difficile soit de réaliser des gains de productivité dans les services soit de les mesurer, notamment parce que la qualité des services rendus est complexe à évaluer et à prendre en compte dan se calcul de la productivité du travail. Or augmenter la qualité est un réel progrès. Donc, le ralentissement des gains de productivité doit être nuancé.

Enjeux

La notion de productivité est au coeur des mécanismes économiques. Tous les systèmes économiques, toutes les entreprises, mais aussi tous les individus rationnels, cherchent à être le plus efficaces possible, c'est-à -dire à produire le plus possible compte tenu des facteurs de production (capital et travail) dont ils disposent. Non seulement on va chercher à avoir une productivité élevée, mais on va vouloir continuellement augmenter cette productivité. C'est la recherche de ce que l'on appelle les "gains de productivité".

Economiser les facteurs de production, c'est pouvoir les utiliser pour produire davantage ou mieux. La recherche de la plus grande productivité possible est donc un moteur essentiel de l'activité économique. Une des questions est de savoir de quoi dépend la productivité du travail. Provient-elle plutôt d'une plus grande intensité du travail ? Ne dépend-elle pas aussi du capital disponible et des innovations de procédés ? Donc la responsabilité du niveau de la productivité du trvail telle qu'elle est mesurée est diverse ce qui va entraîner des débats sur la répartition de ces gains de productivité.

Gloabalement, c'est grâce à l'augmentation considérable de la productivité, au cours du 20è siècle en particulier, que l'on a pu produire et donc consommer davantage.

Comment se fait la répartition de ces gains de productivité ? Prenons un exemple au niveau d'une entreprise pour plus de simplicité : imaginons que dans une entreprise de montage d'ordinateurs, un seul salarié peut assembler 24 ordinateurs en 8 heures de travail alors qu'auparavant il n'en assemblait que 20 seulement. La productivité a augmenté de 4 ordinateurs, soit de 20%. Les gains de productivité, en grandeur physique, sont de 4 ordinateurs. Que fait l'entreprise de ces "gains" ?

  • L'entreprise peut décider de fabriquer effectivement ces 4 ordinateurs supplémentaires, donc d'augmenter sa production. Elle vendra ensuite ces 4 ordinateurs. A quel prix ?
    • Si c'est au même prix qu'avant, elle fera plus de recettes et augmentera sa valeur ajoutée. Comment cette valeur ajoutée supplémentaire sera-t-elle partagée entre les apporteurs de capital et les apporteurs de travail ? Toutes les solutions sont possibles : tout pour les salariés, tout pour les propriétaires de l'entreprise, ou un peu pour les deux (mais dans quelle proportion ? tout est possible), ce qui est souvent le cas.
    • Mais l'entreprise peut aussi diminuer son prix de vente car, d'abord, elle doit vendre davantage d'ordinateurs qu'avant puisqu'elle en fabrique plus, et ensuite, elle peut le faire car chaque ordinateur revient moins cher à produire (le coût du salarié est réparti sur 24 ordinateurs au lieu d'être réparti sur 20 ordinateurs). Dans ce cas, le pouvoir d'achat de ceux qui touchent des revenus (les salariés, par exemple) va augmenter, ce qui aboutit donc à la même chose que la hausse directe des salaires (à condition toutefois que les produits ne soient pas destinés uniquement à l'exportation).
  • L'entreprise peut décider de ne pas fabriquer ces 4 ordinateurs supplémentaires (parce qu'elle pense qu'elle ne pourra pas les vendre, par exemple). Dans ce cas, elle peut diminuer le temps de travail.

Finalement, les gains de productivité peuvent permettre d'augmenter la production (mais pas toujours), d'augmenter les salaires (mais pas toujours ...), d'augmenter les profits (presque toujours ....), de diminuer les prix (et donc d'augmenter le pouvoir d'achat) et de diminuer le temps de travail. Ce sont des possibilités et il faut donc étudier à chaque période, pour chaque pays, comment sont utilisés les gains de productivité. Et les enjeux sont très importants sur le plan économique et social : une part un peu plus grande pour les profits peut permettre de financer plus facilement des investissements, des gains de productivité importants peuvent permettre de diminuer le temps de travail sans diminuer les salaires, etc.

Erreurs Fréquentes

Parce que la notion de productivité est au coeur de beaucoup de raisonnements économiques, parce que la productivité ne se voit pas, ne se touche pas, parce que on parle plus souvent des gains de productivité que de la productivité elle-même, la notion de productivité est une source de difficultés pour les élèves.

  • Ne pas confondre production et productivité du travail (souvent, pour écrire vite, simplement "productivité") : la production mesure simplement les quantités produites alors que la productivité mesure l'efficacité avec laquel la production est réalisée
  • Ne pas confondre productivité et gains de productivité : le niveau de la productivité est rarement donné. La plupart du temps, on parle de la croissance de la productivité, c'est-à -dire des gains de productivité. La productivité se donne par heure de travail ou par personne employée. Sa croissance se donne par un taux de croissance en %. Et quand le taux de croissance passe de 3% par an à 2%, en aucun cas on ne peut dire que la productivité diminue ou qu'elle est de 2 % (elle augmente de 2% !). On doit dire que la croissance de la productivité ralentit.
  • Ne pas confondre productivité et rentabilité : quand on parle productivité, on parle production et quantité de facteurs de production utilisée pour produire ; quand on parle rentabilité, on parle profits (combien l'activité de production a rapporté aux propriétaires de l'entreprise). Ce sont deux choses différentes, même si elles ne sont pas complètement sans lien. Ainsi si la productivité s'élève rapidement, on peut penser que les profits feront de même. La hausse de la productivité du travail peut être inférieure à la hausse des salaires et se traduire donc par une baisse de la rentabilité.
  • Ne pas confondre productivité et compétitivité : une entreprise peut avoir une productivité en hausse et d'un niveau relativement élevé sans être forcément très compétitive. La compétitivité est la capacité à conserver et à gagner des parts de marché. Celle-ci dépend du prix de vente et des qualités du produit vendu. Si le prix de vente est élevé (par exemple à cause d'un coût salarial élevé), la compétitivité du produit peut être médiocre alors même que la productivité de l'entreprise est élevée. Cependant une productivité élevée est un atout du point de vue de la compétitivité. Mais ce n'est pas le seul.

En savoir plus

Sur le site de l'INSEE, vous avez des données de long terme.

Vous avez une analyse du ralentissement récent en France des gains de productivité sur le site de France Stratégie.




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