marchés interne externe du travail

Lexique

Le marché du travail est segmenté en 2 parties distinctes : un marché interne concentrant les emplois les plus stables et proposant des perspectives de carrière par promotion interne, et un marché externe qui rassemble les emplois soumis à la concurrence et au libre fonctionnement du marché.

Définition

Le marché du travail, à la différence d'un marché normal, est segmenté, c'est-à -dire divisé. Le constat de l'existence de marchés interne et externe du travail est simple : il existe peu ou prou deux types de marché du travail.
  • Le premier (le marché interne) est constitué des travailleurs souvent qualifiés et diplômés, qui, s'ils changent d'emplois, ne changent généralement pas d'entreprises. Il existe en effet un mode d'organisation du travail qui consiste à pourvoir les emplois vacants en ayant recours prioritairement à la promotion interne, plutôt qu'à des travailleurs extérieurs à la firme. Ces salariés du marché interne représentent donc la main d'oeuvre maison, qui profitent des évolutions de carrière. On les appelle parfois les insiders. Au sein du marché interne, les travailleurs bénéficient d'une large sécurité de l'emploi.
  • Le second type de marché, externe, est constitué des travailleurs en concurrence sur un marché du travail classique arbitrant entre offre et demande. Les entreprises ont recours à eux, en cas de besoin, lorsqu'elles connaissent des poussées de croissance ou qu'elles ont déjà mobilisées l'ensemble des salariés du marché interne. On les appelle donc parfois les outsiders. Au sein du marché externe, les travailleurs connaissent instabilité et incertitude sur le devenir de leur emploi.

Indicateurs

On peut approcher l'existence des deux marchés du travail en observant les variations d'emplois dit atypiques. De par la définition, ces emplois regroupent principalement des travailleurs du marché externe. Mais, pour autant, il n'y a pas d'indicateurs propres à cette notion .

Tendances

Une manière d'observer les évolutions de ces deux marchés consiste à regrouper les emplois atypiques (CDD, intérims, etc.), qui constituent une part importante du marché externe du travail. Il faut ensuite mesurer leur progression. On constate alors depuis 20 ans une forte progression de ces emplois atypiques, ainsi que le montre le tableau ci-dessous, ce qui peut s'interpréter comme un plus fort cloisement entre les 2 marchés.

Emplois en intérim et en CDD en France (source : Insee)

en milliers
19821997
1999
2005
Intérim 129330
447
548
CDD311849
892
1713

Enjeux

On pourrait croire que le marché externe constitue un marchepied vers des formes d'emplois plus stables ou sécurisées, une étape préalable en quelque sorte. Cette vision est assez fausse si l'on considère la «dualité» ou la «segmentation» du marché du travail : la mobilité des travailleurs entre ces deux marchés internes et externes est passablement réduite en réalité.

Les emplois du marché interne sont en effet rationnés et sont l'objet de procédures de recrutement particulières : les emplois vacants sont essentiellement pourvus par promotion interne plutôt qu'en utilisant des travailleurs extérieurs à la firmes. Il s'ensuit que les travailleurs du marché externe connaissent plus souvent le sous emploi et le chômage. Il est donc courant d'associer ce marché externe au secteur secondaire de l'emploi, qui regroupe les catégories d'emplois défavorisés comme les CDD, les missions d'intérim ou les temps partiels non souhaités. Outre la dévalorisation personnelle que cela engendre, cette situation empêche d'envisager sereinement l'avenir : les actifs que l'on retrouve sur le marché externe restent durablement à la périphérie du travail sécurisé, ce qui se traduit par une incertitude forte sur leurs revenus futurs et donc leur capacité à consommer ou épargner. Cela conduit aussi à un sentiment de déclassement social.

Erreurs Fréquentes

Il faut juste faire attention à ne pas intervertir les deux types de marchés lorsqu'on en propose une définition...