Investissement immatériel

Lexique

L’investissement immatériel correspond à des opérations, autres que des acquisitions en capital fixe, qui doivent permettre la production future.

Définition

L’investissement immatériel correspond à des opérations, autres que des acquisitions en capital fixe, qui doivent permettre la production future.

En effet, aujourd'hui "pour faire, il faut de plus en plus de savoir, de savoir-faire, et de faire-savoir" (Jean Marie Albertini - Science et Vie Economie - sept 1986). Ce sont ces dépenses qui correspondent à l’investissement immatériel. Concrètement, les investissements immatériels sont constitués des dépenses de formation et de recherche- Développement (R-D) pour le savoir ; des dépenses de logiciels et de formation pour le savoir-faire ; des dépenses de publicité, marketing, communication pour le faire-savoir. Ils sont qualifiés d'immatériels (on ne peut pas les toucher) pour les distinguer de ceux qui augmentent le stock de capital fixe (matériel comme les machines), ces "choses" (qu'on peut toucher) qui permettent de produire des biens et des services. Ils font plus appel à la matière grise qu'à la matière proprement dite.

Indicateurs

Pour mesurer l'investissement immatériel, on peut utiliser

  • la part de l'immatériel dans la FBCF (puisqu'elle les dépenses de logiciels sont incluses dans la FBCF), dans le total des investissements, dans la valeur ajoutée de l'entreprise mais au sein de la FBCF il n’y a pas toutes les dépenses pouvant être considérées comme de l’investissement immatériel (attention, l’INSEE utilise l’expression investissement incorporel)
  • le montant des dépenses qui composent l'investissement immatériel (R-D, formation, publicité et logiciels, etc.) en milliards d’euros ou en % du PIB

Tendances

La forte poussée de l'investissement immatériel est un indice d'une mutation qualitative de l'investissement et de la production. Sur ces vingt dernières années, les investissements immatériels ont augmenté plus rapidement que les investissements physiques. En France, de 1980 à 2008, ils sont passés de 5% à 10 % du PIB d’après l’INSEE avec notamment une forte augmentation des dépenses de logiciels.

Enjeux

A travers ces investissements immatériels, il s'agit de répondre et de s'adapter aux mutations du système productif dans le cadre d'une troisième révolution industrielle portée par le nucléaire, l'informatique, les télécommunications, les biotechnologies ... La maîtrise des normes de production est donc ici essentielle dans un cadre d'activité mondialisé.

La crise du modèle fordiste de production des années 60 - 70 du siècle précédent, est un indicateur de ces mutations. Désormais, le produit fabriqué s'entoure de plus en plus de services (en amont, la R-D ; en aval, la maintenance) pour assurer ses débouchés. L'investissement immatériel favorise alors une compétitivité structurelle ou hors-prix (image de marque, qualité ...) qui accompagne la traditionnelle compétitivité-prix des économies de marché.

Par rapport à la FBCF, la notion d’investissement immatériel permet de mieux mesurer les efforts des entreprises pour produire plus et mieux.

Erreurs Fréquentes

Il ne faut pas croire que l’investissement des entreprises tel qu’il est mesuré habituellement comprend l’ensemble de l’investissement immatériel. Les dépenses d’investissement immatériel se retrouvent dans différents types de dépenses (consommations intermédiaires, dépenses de personnels notamment).

En savoir plus

L’INSEE, la notion d’investissement incorporel et son évolution dans cet article.