Investissement direct à l'étranger - IDE

Lexique

Opération par laquelle un agent acquiert des actions ou des parts de propriété dans une entreprise d'un autre pays afin d'exercer une influence sur sa gestion.

Définition

Les investissements directs à l'étranger (IDE) sont le moyen de l'internationalisation des firmes. Ils consistent en des achats de titres d'entreprises par des agents non-résidents afin d'obtenir "un intérêt durable et la capacité d'exercer une influence dans la gestion". Ils peuvent prendre la forme d'une création d'entreprise, du rachat d'une entreprise existante, ou encore d'une simple prise de participation dans le capital d'une entreprise, à condition que cela permette d'obtenir un pouvoir de décision effectif dans la gestion. Ainsi, la création par Danone d'une filiale en Chine (avec un partenaire chinois) est un IDE pour Danone (ce qui va se traduire par une sortie de capitaux de France et une entrée de capitaux en Chine).

Plus précisément, d'après la définition du FMI, les IDE connaissent quatre formes :

  • La création d'une entreprise ou d'un établissement à l'étranger ;
  • L'acquisition d'au moins 10 % du capital social d'une entreprise étrangère déjà existante ;
  • Le réinvestissement de ses bénéfices par une filiale ou une succursale située à l'étranger ;
  • Les opérations entre la maison mère d'une firme transnationale et ses filiales (souscription à une augmentation de capital, prêts, avances de fonds, etc.).

Indicateurs

  • Les flux d'investissements directs entre la France et le reste du monde sont recensés par la Banque de France dans la Balance des Paiements, sous la rubrique "Investissements Directs". Ils recouvrent les IDE des entreprises françaises à l'étranger ("Investissements Directs Français à l'étranger") et les IDE des entreprises étrangères en France ("Investissements Directs Etrangers en France"). Ils constituent le premier poste du compte financier de la Balance des Paiements.
  • Les titres et avoirs accumulés par les investissements directs (le "stock" de capital en quelque sorte) sont répertoriés dans un autre document, la "Position Extérieure de la France", produit également par la Banque de France. Ils sont regroupés dans la rubrique "Encours d'Investissements Directs" (français à l'étranger ou étrangers en France). Plus généralement, les Investissements directs au niveau mondial sont recensés par le Fonds Monétaire International (FMI) selon une méthodologie très proche de celle de la Banque de France.

Tendances

On peut observer les tendances des mouvements d'IDE dans le monde dans le tableau ci-dessous. Les chiffres sont un peu anciens mais les tendances se sont poursuivies.

  • Les IDE proviennent presque exclusivement des pays riches (OCDE), même si la zone asiatique a vu sa part multipliée par 14 au cours de la décennie 1990. Dans l'OCDE, les principaux pays investisseurs étaient les Etats-Unis, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l'Allemagne, la France et le Japon. En Asie, hormis le Japon, les principaux pays investisseurs étaient la Corée du sud, la Chine, Singapour et la Thaïlande. Les flux d'IDE se sont développés nettement plus vite que les échanges commerciaux. Ils ont été multipliés par près de 5 entre 1984 et 1996.
  • Si les IDE proviennent pour l'essentiel des pays riches, ils leur sont aussi majoritairement destinés : la demande mondiale étant concentrée dans ces pays, il est normal qu'ils suscitent de nombreux investissements. Cependant, l'asymétrie est ici moins forte que pour l'origine des IDE, parce que l'Asie et, dans une moindre mesure, l'Amérique Latine reçoivent une part de plus en plus grande des IDE. à€ l'intérieur de ces zones, les IDE sont concentrés sur quelques « pays émergents » (Chine, Brésil, Argentine), dont la croissance rapide attire les investisseurs.
Titre : Structure des IDE dans le monde par zone d'origine et zone de destination (en %)
en%Flux entrantsFlux sortants
1990
1992
1994
1998
1990
1992
1994
1998
OCDE 84.370.0
58.3
58.6
96.4
93.5
93.0
92.5
Afrique et Moyen-Orient
2.12.8
3.0
2.1
0.2
1.6
0.9
0.6
Asie (sauf Japon)9.215.3
23.8
22.3
0.4
4.5
4.8
5.4
Europe de l'Est
0.23.3
3.3
4.9
0.0
0.1
0.1
0.2
Amérique latine
4.28.5
11.6
12.1
0.4
0.4
1.2
1.2

Source : FMI
Lecture : En 1990, 84,3 % des IDE mondiaux étaient réalisés dans les pays de l'OCDE, et la même année, 96,4 % des IDE mondiaux provenaient des pays de l'OCDE.

La France est l'un des premiers pays pour l'accueil des IDE (derrière le Luxembourg mais devant la Chine). Mais les IDE sortant de France sont plus importants que les IDE y entrant, c'est-à -dire qu'il y a plus d'agents français qui investissent à l'étranger que d'agents étrangers qui investissent en France. Les entreprises françaises investissent en effet beaucoup à l'étranger pour y profiter d'une croissance économique supérieure à celle de l'hexagone.

Enjeux

Les IDE sont le moyen pour les firmes d'internationaliser leur processus de production. C'est donc par les IDE que se réalise la « mondialisation productive ».
La décision d'investir à l'étranger est généralement motivée par la recherche d'une fiscalité avantageuse, la qualité des infrastructures ou le niveau de qualification et/ou de coût des travailleurs du pays d'accueil et les « effets d'agglomération » (les entreprises s'implantent à proximité d'autres entreprises). En revanche, la volonté de contourner des droits de douanes ou d'économiser les coûts de transports semble peu importante.

Pour les pays d'accueil, les IDE sont, comme les investissements en général, un facteur de croissance (effet sur la demande globale, mais aussi effets sur les capacités de production).

  • Dans les vieux pays industriels, les IDE peuvent être un moyen de relancer l'activité des régions industrielles en déclin, ce qui incite les Etats et les collectivités locales à développer leur attractivité aux yeux des investisseurs étrangers.

  • Pour les pays en développement, dans un contexte ou l'essentiel du commerce mondial est réalisé par les entreprises multinationales, les IDE sont un moyen de s'insérer dans la mondialisation et de stimuler les exportations. Les IDE sont aussi un moyen de bénéficier de « transferts technologiques » : les investisseurs étrangers amènent avec eux des procédés de production innovants, des méthodes d'organisation performantes et des savoir-faire qui se diffuseront progressivement à l'ensemble du pays et doperont sa productivité. Le pays d'accueil aura ainsi bénéficié du progrès technique sans avoir eu à le financer.

Pour le pays d'origine, les effets sont plus difficiles à évaluer : si l'IDE correspond à une délocalisation, il peut y avoir, au moins dans l'immédiat, des suppressions d'emplois ; si l'IDE correspond à une implantation qui aurait pu être faite dans le pays d'origine mais qui ne l'est pas, ce n'est pas non plus favorable à l'emploi. Cependant, à plus long terme, les IDE peuvent générer des exportations pour le pays d'origine et une demande supplémentaire en provenance du pays d'accueil de l'IDE.

Erreurs Fréquentes

  • Il ne faut pas confondre investissements directs et investissements de portefeuille. Les premiers sont une acquisition de moyens de production, donc uninvestissement au sens de votre cours, tandis que les seconds ne sont qu'un placement effectué par un agent à capacité de financement.
  • La source de confusion vient de ce que les deux opérations peuvent parfois s'effectuer de la même façon, par un achat d'actions. L'entrée dans le capital d'une entreprise étrangère peut être motivée par une stratégie de prise de contrôle des moyens de production, auquel cas il s'agit d'une démarche assimilable à un IDE. Mais elle peut aussi répondre à une volonté de diversifier ses placements en les répartissant dans plusieurs pays (« on ne met pas tous ses œufs dans le même panier »). Dans ce cas, il n'y a pas de logique d'investissement.
  • Comment distinguer un achat d'action à finalité productive d'un placement à finalité parfois spéculative ? En pratique, c'est impossible, parce qu'on a d'information que sur les flux financiers, par sur ce qui les motive. Conventionnellement, on range donc dans les IDE tout achat d'actions qui entraîne une prise de participation supérieure à 10 % du capital social, et dans les placements (investissements de portefeuille) les prises de participation inférieures à ce seuil.



Les autres notions du chapitre

Avantages comparatifs

Ch3 - Notion Terminale

Ce sont les avantages que tel ou tel pays peut mettre en avant et exploiter dans l'échange international, justement dans la mesure où les autres pays ne les possèdent pas ou les possèdent à  un moindre degré. L'expression peut aussi désigner, par un raccourci, la loi des avantages comparatifs de Ricardo.

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Commerce intra-firme

Ch3 - Notion Terminale

Le commerce intra-firme est un échange international de biens ou de services entre entreprises d’un même groupe, d’une même firme multinationale.

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Compétitivite

Ch3 - Notion Terminale

Capacité à  résister à  la concurrence.

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Délocalisation

Ch3 - Notion Terminale

Une délocalisation est, au sens strict, un transfert d’activité d’une entreprise d’un pays vers un autre pays sans que ne change la destination des biens produits.

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Dotation factorielle

Ch3 - Notion Terminale

La dotation factorielle est l’importance relative des différents facteurs de production dans des pays participant au commerce international.

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Externalisation

Ch3 - Notion Terminale

C'est le fait, pour une entreprise, de faire faire par une autre entreprise (à  l'extérieur) des tâches qu'elle accomplissait jusque là  (le ménage des locaux, par exemple).

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Firmes multinationales

Ch3 - Notion Terminale

Une firme multinationale est une entreprise possédant au moins une unité de production à l’étranger ; elle répartit donc sa production dans plusieurs pays.

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Libre échange

Ch3 - Notion Terminale

Libre circulation par-dessus les frontières nationales des marchandises (biens et services), des capitaux, de la monnaie et des hommes. Le libre-échange se réalise peu à  peu.

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Mondialisation

Ch3 - Notion Terminale

Processus de constitution d'un marché unique qui tend à  devenir universel par abaissement des frontières entre les économies, les nations.

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Protectionnisme

Ch3 - Notion Terminale

Fait, pour un pays, de chercher à  limiter l'entrée de produits ou de capitaux étrangers.

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Spécialisation

Ch3 - Notion Terminale

Concentration de la production d’un pays dans des branches d’activités ou des produits particuliers.

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Taux de change

Ch3 - Notion Terminale

Taux de conversion d'une monnaie en une autre : le taux de change est le prix, en monnaie étrangère, qu'il faut payer pour obtenir une unité de monnaie nationale.

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Gains à l’échange

Ch3 - Acquis Première

Les gains à l’échange sont les avantages procurés aux deux coéchangistes, l’offreur et le demandeur, par la spécialisation et l’échange.

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Balance des paiements

Ch3 - non inscrite

C'est un document comptable retraçant l'ensemble des opérations entre agents résidents et non résidents, c'est à  dire toutes les entrées et sorties de biens, de services et de capitaux, pendant un an.

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Banque mondiale

Ch3 - non inscrite

La Banque mondiale est une organisation internationale créée pour lutter contre la pauvreté en finançant les Etats qui éprouvent des difficultés de développement. Elle est issue des accords de Bretton Woods signés en 1944, qui ont aussi créé le FMI.

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Barrières tarifaires, non tarifaires

Ch3 - non inscrite

Ces barrières concernent les échanges de marchandises. Les barrières tarifaires sont essentiellement les droits de douane imposés à l'entrée des marchandises. Les barrières non tarifaires sont toutes les autres barrières (normes par exemple).

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Commerce international

Ch3 - non inscrite

Ensemble des flux de marchandises (biens uniquement) entre les espaces économiques nationaux. Au sens large, on y inclut également les flux de services.

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Differenciation des produits

Ch3 - non inscrite

Ensemble des actions par lesquelles une entreprise s'efforce de s'approcher d'une situation de monopole en rendant ses produits différents de ceux offerts par ses concurrents directs (qualité, image de marque, apparence, …).

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Division internationale du travail

Ch3 - non inscrite

Processus au cours duquel les pays se sont spécialisés et, du coup, se répartissent les différentes fabrications : ils ne produisent pas tous la même chose et, de ce fait, échangent entre eux leur production. 

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Echanges internationaux

Ch3 - non inscrite

Ensemble des transactions transfrontières se réalisant, chaque année, entre les agents résidents d'une nation étudiée et ceux du reste du monde.

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Firmes transnationales

Ch3 - non inscrite

Entreprise possédant au moins une unité de production à  l'étranger. Elle répartit donc sa production dans plusieurs pays.

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Fonds monetaire international FMI

Ch3 - non inscrite

Organisme international regroupant actuellement 184 pays, créé par les accords de Bretton Woods en 1944, mis en place en 1945. Il a un double objectif : assurer la stabilité financière (jusqu'en 1973, il fixait les taux de changes des pays membres) ; faciliter les échanges internationaux (il prête des devises aux pays membres pour régler leurs importations, si nécessaire).

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Investissement de portefeuille

Ch3 - non inscrite

Achat de titres émis par des agents non-résidents (donc, schématiquement, à l'étranger), mais dans une optique de placement, pas pour prendre le contrôle de l'entreprise dont les titres sont achetés.

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Investissement direct à l'étranger - IDE

Ch3 - non inscrite

Opération par laquelle un agent acquiert des actions ou des parts de propriété dans une entreprise d'un autre pays afin d'exercer une influence sur sa gestion.

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Organisation mondiale du commerce OMC

Ch3 - non inscrite

OMC = Organisation Mondiale du Commerce. Organisme international regroupant actuellement 149 pays, institué par les accords de Marrakech (fin de l'Uruguay Round) en 1994, mis en place en 1995. Il a un double objectif : mettre en place les négociations d'accords commerciaux internationaux, veiller au respect de l'application de ces accords et régler les différends commerciaux au niveau international. L'OMC remplace le GATT (qui n'était pas une institution).

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Ouverture internationale

Ch3 - non inscrite

Pour un pays, c'est le fait de s'ouvrir aux échanges internationaux, en particulier de marchandises.

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Régime de change

Ch3 - non inscrite

Ensemble de règles qui organisent les échanges de monnaies entre elles. Il y a plusieurs régimes de change possibles.

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Termes de l'échange

Ch3 - non inscrite

Rapport de l'indice des prix des exportations sur l'indice des prix des importations.

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Zone de libre echange

Ch3 - non inscrite

Espace économique dans lequel plusieurs pays décident d'éliminer les barrières douanières faisant obstacle au commerce de biens et/ou de services

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