Dotation factorielle

Lexique

La dotation factorielle est l’importance relative des différents facteurs de production dans des pays participant au commerce international.

Définition

La dotation factorielle est l’importance relative des différents facteurs de production dans des pays participant au commerce international. Ces facteurs de production sont le travail et le capital. On ajoute parfois la terre.

Selon l’analyse néoclassique, la dotation factorielle explique la spécialisation internationale des pays. Un pays se spécialisera dans la production de biens ou de services nécessitant le facteur de production qu’il détient de manière relativement abondante ; il importera les biens ou les services qui incorporent le facteur de production qui est, chez lui, relativement rare. En effet, le coût des facteurs de production dépend de leur rareté relative : plus un facteur est rare, plus il est coûteux, moins il est intéressant de produire des biens et des services en en mobilisant une grande quantité, et plus il est difficile de les exporter.

Indicateurs

La mesure la plus appropriée est le coût relatif des facteurs de production : prix relatif du travail et du capital (machines).

Il faut aussi de tenir compte de la productivité relative lorsque l’on compare la situation des pays entre eux ; ainsi, on utilise la notion de coût salarial unitaire (le coût salarial par unité produite).

Tendances

On considère que cette analyse explique en grande partie la spécialisation actuelle des pays. Les pays disposant de terres ou de ressources « naturelles » abondantes (le pétrole, les diamants, le cacao, le café, etc.) se spécialiseront dans la production liée à ce type de ressources. D’autres ayant une main d’œuvre abondante et donc peu coûteuse (la Chine) se spécialiseront dans la production de biens (textiles, jouets, etc.) nécessitant une main d’œuvre abondante. D’autres ayant beaucoup de capital physique se spécialiseront dans les biens en utilisant (les pays développés).

Toutefois, cette dotation factorielle peut évoluer dans le temps ce qui peut expliquer des modifications de spécialisation internationale. Dans les pays d’Asie comme la Corée du Sud (et même en Chine actuellement), les biens produits sont de plus en plus de haute valeur ajoutée, nécessitant de plus en plus de capital : de la production textile vers la production de matériel électronique, etc.

Enjeux

Un des problèmes de cette analyse est de considérer chaque facteur de production comme homogène. Un économiste a pu montrer, il y a très longtemps, que les États-Unis exportaient surtout des produits ayant une forte intensité en travail par rapport aux biens qu’ils importaient … mais il s’agissait de travail très qualifié ! Dès lors, l’analyse très générale en deux ou trois facteurs de production n’est peut-être pas vraiment pertinente. Ne faut-il pas tenir compte de ce que l’on appelle aujourd’hui le capital humain ? Peut-on considérer comme économiquement équivalent un travailleur américain et un travailleur français ou algérien ou indien ? Ne faudrait-il pas tenir compte aussi des différences de technique de production ?

Une autre question que pose cette analyse est celle de la nature de la spécialisation : cette spécialisation selon la dotation en facteurs de production peut être source d’avantages à court terme mais entraîner à plus long terme l’économie d’un pays dans un type de production qui risque de ne plus être source de croissance dans l’avenir (épuisement d’une ressource naturelle, changement de préférence des consommateurs, etc.).

Erreurs Fréquentes

Croire que cette analyse explique complètement la spécialisation internationale.

Penser que la dotation factorielle est la même chose que les avantages comparatifs alors que la première suppose plusieurs facteurs de production plus ou moins abondants et que la seconde suppose uniquement un facteur de production, le travail, plus ou moins productif selon le type de biens produits.