Division du travail

Lexique

C'est, dans l'entreprise, la décomposition de la production en de nombreuses opérations ou tâches élémentaires, limitées et complémentaires.

Définition

C'est, dans l'entreprise, la décomposition de la production en de nombreuses opérations ou tâches élémentaires, limitées et complémentaires. Chaque tâche peut alors être effectuée par un seul travailleur. La division technique du travail est donc le fondement de la spécialisation des travailleurs.

La division technique du travail s'opère à l'intérieur de l'entreprise, c'est une notion microsociologique. Il ne faut pas la confondre avec la division sociale du travail qui elle est une notion macrosociologique. Celle-ci consiste en la répartition dans la société des différentes activités entre les individus ou les groupes sociaux (par exemple, division du travail entre les castes ou les ordres des sociétés traditionnelles, aujourd'hui, les différents métiers). Cette division sociale du travail est souvent fondée sur des critères hiérarchiques (tâches plus ou moins prestigieuses et valorisées).

Indicateurs

Il n'y a pas réellement d'indicateur pour mesurer la division du travail. Des indicateurs indirects peuvent être mobilisés à travers le statut des salariés, le contenu de leur poste de travail : le poids des ouvriers non qualifiés (ouvriers spécialisés) dans l'ensemble des ouvriers, le poids des tâches répétitives, du travail à la chaîne, etc.

Tendances

Avec Taylor, une double division du travail, sociale et technique, se met en place : la division verticale du travail entre ceux qui le conçoivent et ordonnent et ceux qui exécutent et obéissent, a un caractère social (elle est hiérarchique et confère pouvoir, autorité). Par contre, la division horizontale est technique et correspond au travail parcellisé.

La méthode de Taylor, fondée sur une organisation scientifique du travail (OST), permet d'en accroître encore l'efficacité.L'introduction par Ford (1913) du travail à la chaîne va pousser à l'extrême la division technique du travail, encore plus parcellisé, chaque tâche étant contrôlée, chronométrée, la vitesse d'exécution étant imposée par le rythme de la chaîne de montage.

Le taylorisme et le fordisme se développent aux à‰tats-Unis dès les années 1920, puis dans les pays industrialisés (surtout en Europe) après les années 1945.

Dans les années 60, cette division technique du travail va être remise en cause par les travailleurs et provoquer un certain nombre de conflits dans les entreprises. Des effets contre productifs vont en découler (grèves sauvages, absentéisme, turn over élevé, mauvaise qualité des produits). On redécouvre alors l'importance des relations humaines dans l'entreprise.
Des correctifs vont être apportés en élargissant et enrichissant les tâches, en donnant plus d'autonomie aux travailleurs et en les impliquant davantage dans l'organisation du travail (cercles de qualité, management participatif).

Malgré tout, la norme productiviste se maintient (nécessité d'obtenir des gains de productivité afin d'être compétitif) et le taylorisme avec son travail parcellisé persiste. Il tend même à s'étendre dans d'autres secteurs tels que le tertiaire (services administratifs, grande distribution, hôtellerie restauration, services de télémarketing, etc.). Son application se trouve renforcée par l'utilisation des nouvelles technologies (automatisation informatisation) qui permettent de confier aux ouvriers des tâches plus complexes, mais toujours contrôlées et chronométrées (exemple : machines outils à commandes numériques).

Enjeux

La division du travail a pour but de faire croître la productivité du travail, d'en augmenter l'efficacité mais à quel prix ? C'est l'enjeu de la division du travail.

C'est ce qu'avait déjà observé Adam Smith lorsqu'il décrivait, dans son ouvrage "Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations" (1776), l'organisation du travail dans une manufacture d'épingles dans laquelle la production de ce simple objet était divisée en 18 opérations distinctes. Une telle division technique est source de gains de productivité considérables. En effet, l'habileté des ouvriers répétant les mêmes gestes s'accroît fortement, les temps morts dus aux changements d'outils ou de postes de travail sont supprimés et la mise en place du machinisme est plus aisée.
Cependant, A. Smith avait lui-même mis en évidence les limites et dangers d'une telle division du travail qui sclérosait l'intelligence et l'imagination des ouvriers.

Pour Marx, le capitalisme, par la transformation de l'atelier artisanal en entreprise capitaliste, développe et approfondit la division technique du travail dans le cadre de la manufacture ("Le principe et la raison d'être de la manufacture, c'est la division du travail", Paul Mantoux), puis de l'usine. Chaque ouvrier, dont le travail est plus facilement contrôlé, devient un "travailleur parcellaire", de plus en plus spécialisé. Le travail devient extérieur à l'ouvrier qui ne trouve plus dans celui-ci le moyen de s'affirmer ou s'accomplir et le ressent alors comme une contrainte. La division du travail est à la source de l'aliénation des travailleurs.

Le débat n'est pas clos aujourd'hui, il a été relancé avec la mise en place, au début du XXe siècle d'une organisation taylorienne du travail. (voir la rubrique "tendances").

Erreurs Fréquentes

Ne pas confondre division technique et division sociale du travail :

  • Dans la division sociale du travail, chacun fabrique un produit qu'il peut revendre (par ex l'éleveur produit des peaux qu'il revend au tanneur qui fait du cuir qu'il revend lui-même au cordonnier qui en fait des chaussures). C'est une division par métier au niveau de la société.
  • Dans la division technique du travail, chaque travailleur ne fait qu'une tâche, une opération sur un bien, il ne pourrait pas vendre le produit de son travail. C'est une division par tâche au niveau de l'atelier, de l'établissement, de l'entreprise.



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