Commerce international

Lexique

Ensemble des flux de marchandises (biens uniquement) entre les espaces économiques nationaux. Au sens large, on y inclut également les flux de services.

Définition

Au sens strict, le commerce international correspond à  l'ensemble des flux de marchandises (biens) entre les espaces économiques nationaux. Au sens large, le commerce international correspond à  l'ensemble des flux de marchandises (biens) et de services entre les espaces économiques nationaux. Les flux de services sont pris en compte dans la mesure où leur part progresse rapidement dans les échanges internationaux (surtout le transport, le tourisme et les services aux entreprises).

Indicateurs

Le commerce international se mesure par les flux (exportations et importations) de marchandises et de services. Ces flux peuvent s'appréhender à  différents niveaux : entre un pays et le reste du monde, entre des zones, au sein d'une même zone.

  • La balance commerciale est un compte statistique qui enregistre les exportations et importations de marchandises (biens) entre un pays donné et le reste du monde. Le solde commercial correspond à  la différence entre les exportations et les importations ; ce solde nous éclaire sur les performances commerciales du pays. Attention, il s'agit ici uniquement des exportations / importations de marchandises, ne sont pas pris en compte les flux de services. Pour connaître l'ensemble des flux de biens et de services entre un pays donné et le reste du monde il faut se référer à  la balance des transactions courantes;

  • Le degré d'ouverture est un indicateur qui permet de savoir dans quelle mesure le pays est ouvert sur l'extérieur : = [(X+M/2)/PIB] x 100.

Tendances

Le commerce international n'est pas un phénomène récent ; en effet, déjà  au 19ème siècle, le commerce international progressait à  un rythme supérieur à  celui de la production mondiale. Cette tendance se confirme et même s'accentue après 1945, si bien qu'entre 1980 et 2015 le commerce mondial a été multiplié par 7,8 (d’après l’OMC) tandis que le PIB (qui comprend aussi la production de service) l'a été par 6,8 d’après la Banque mondiale. Dans cette perspective, le commerce international est perçu comme un des moteurs de la croissance.

Cette progression fulgurante du commerce international s'est accompagnée de transformations dans la structure de ce dernier, tant du point de vue de la nature des produits échangés que dans la répartition géographique de ces échanges. Ainsi, au cours de ces deux derniers siècles, la part des produits manufacturés dans les échanges n'a cessé d'augmenter pour devenir prépondérante et ce au détriment des produits agricoles.

Par ailleurs, depuis deux décennies environ, la part des services dans le commerce international s'est accrue considérablement et ils tiennent aujourd'hui une place centrale dans les échanges. Corrélativement, le commerce international a été amené à  se concentrer géographiquement autour de trois zones constituant ce que l'on appelle la Triade (Amérique du nord, UE, Asie) ; voire même au sein de chacune de ces zones (commerce intra-zone). Cette dynamique a ainsi marginalisé certaines parties du monde (exemples : l'Afrique, l'Europe centrale-orientale, le Moyen-Orient, l'Amérique Latine).

Enjeux

Le développement du commerce international s'est traduit par une ouverture et une interdépendance croissantes des économies.

Aujourd'hui devenu une variable centrale dans l'économie mondiale, il fait cependant toujours l'objet, comme dans le passé, de nombreuses interrogations. Pourquoi les nations échangent-elles entre elles ? Le commerce international constitue-t-il un moteur ou bien un frein à  la croissance ? Ne contribue-t-il pas à  la perte d'autonomie des Etats ? Un débat théorique existe en toile de fond : certains voient dans le commerce international le moteur de la croissance permettant à  tout pays de se développer (à  l'image, par exemple, des NPI asiatiques). En revanche, d'autres pointent du doigt ses méfaits sur certains pays (marginalisation des PED), sur certains secteurs (disparition de secteurs traditionnels tels que le textile en France), ou bien encore sur l'emploi (hausse du chômage)…prônant alors le recours à  des mesures protectionnistes. La dynamique du commerce international se comprend également à  travers ses acteurs. L'Etat est un acteur central dans la mesure où ses actions, aux formes très variées, sont amenées à  stimuler (baisse des tarifs douaniers, par exemple) ou bien au contraire à  restreindre (protection non tarifaire par exemple) le commerce avec les autres nations. Mais les Etats ne sont pas les seuls à  intervenir dans la dynamique du commerce international, on doit compter également avec les firmes, en particulier les firmes transnationales (FTN). Les FTN influencent de plus en plus les échanges et ce, au travers notamment de la division internationale du processus productif (DIPP) et du commerce intra-firme. D'ailleurs, leur poids devient tel que les Etats, voyant leur autonomie s'effriter, se sentent de plus en plus impuissants face à  elles.

Une autre question très importante est de savoir quelles en sont ses conséquences sur les acteurs économiques consommateurs et producteurs. Pour les producteurs, le commerce international leur permettrait d’élargir leur marché et d’avoir accès à des machines, des matières premières, de l’énergie (à des prix plus faibles) mais aussi d’être confrontés à d’autres entreprises qui peuvent être aussi voire plus compétitives qu’elles. Du côté des consommateurs, les avantages sont plus sûrs : accès à de nouveaux produits et des produits moins chers. Mais précisons que les consommateurs sont aussi le plus souvent des travailleurs qui peuvent perdre leur emploi du fait de la concurrence internationale …

Erreurs Fréquentes

  • Il ne faut pas confondre commerce international et mondialisation. On entend par mondialisation la libre circulation des biens et services, des capitaux ainsi que des hommes, tandis que le commerce international ne concerne que les flux de biens et, par élargissement, de services.

  • Il ne faut pas croire que ce sont les Etats qui contrôlent le commerce international. Si un pays a un solde commercial déficitaire, ce n'est pas l'Etat qui va payer le déficit mais le pays, la nation, qui devra trouver une solution, par exemple par l'endettement. Cet endettement n'est pas public, a priori.