Autofinancement

Lexique

L'autofinancement consiste, pour une entreprise, à se financer "par soi-même" : l'entreprise utilise ses profits (de l'année ou des années antérieures) pour financer ses investissements.

Définition

L'autofinancement consiste, pour une entreprise, à se financer "par soi-même" : l'entreprise utilise ses profits (de l'année ou des années antérieures) pour financer ses investissements. L'autofinancement est donc un mode de financement interne à  l'entreprise : ce sont les ressources financières obtenues au sein même de l'entreprise qui lui permettent ce financement.

L'autofinancement se mesure à  travers les dotations aux amortissements (renouvellement des équipements), les provisions et les bénéfices non distribués, autrement dit mis en réserve.

Indicateurs

On peut, pour évaluer l'importance de l'autofinancement, utiliser plusieurs indicateurs :

  • le taux de marge = excédent brut d'exploitation (EBE) / valeur ajoutée (VA) qui met en évidence la répartition de la valeur ajoutée
  • la marge brute d'autofinancement ou cash-flow = les bénéfices distribués et mis en réserve + les amortissements. Cet indicateur mesure la capacité d'autofinancement de l'entreprise.
  • le taux d'autofinancement = épargne de l'entreprise (profit mis en réserve) / FBCF qui mesure dans quelle l'investissement réalisé est autofinancé.

Taux de marge et taux d'autofinancement sont les deux indicateurs à  connaître impérativement.

Tendances

Pour l'économie française, on peut faire référence à  l'évolution des modes de financement après 1945 :

  • jusqu'aux années 1970, l'autofinancement des entreprises françaises est relativement faible et compensé par l'appel au crédit: c'est le temps d'une économie d'endettement qui met le système bancaire au coeur du financement des entreprises.
  • à  partir des années 1980, le rôle des fonds propres à  l'entreprise (profit et émission d'actions par augmentation de capital) devient essentiel : l'autofinancement des entreprises françaises et l'appel au marché financier nous font rentrer dans un modèle financier dit anglo-saxon de finance directe. La mondialisation renforce cette logique financière.

Enjeux

On retrouve ici les enjeux du partage de la valeur ajouté : quelle part dans la valeur ajoutée doit être destinée aux revenus du capital et quelle part doit aller aux salariés ? Et au sein de la rémunération du capital, quelle part doit aller aux propriétaires, quelle part doit rester dans l'entreprise pour l'autofinancement ? Suivant les entreprises, les secteurs d'activité, les périodes, la réponse donnée est bien évidemment différente. L'autofinancement traduit le fondement de la logique capitaliste, la manière de dégager un profit et de l'utiliser. Le profit n'est pas un simple revenu des propriétaires du capital, il est une arme financière pour assurer la compétitivité de l'entreprise à travers ses capacités à investir et en particulier à introduire l'innovation dans le processus de production.

Enfin, la fiscalité sur les bénéfices est aussi un enjeu essentiel et d'actualité dans la concurrence que se font les entreprises dans le cadre de la mondialisation et même au sein de l'Union européenne. L'impôt sur les sociétés est un prélèvement sur les bénéfices et qui réduit ainsi, plus ou moins, les ressources que peut consacrer l'entreprise à l'autofinancment.

Erreurs Fréquentes

  • ne pas confondre taux de marge et taux d'autofinancement : le premier est un indicateur du partage de la valeur ajoutée, le second de la capacité à  autofinancer les dépenses d'investissement.
    On peut ajouter que l'EBE est un indicateur de résultat financier qui conduit vers le profit mis en réserve mais ces profits mis en réserve peuvent être mobilisés pour rembourser des capitaux empruntés (par exemple si l'entreprise est trés endettée) ; un EBE élevé ne conduit donc pas forcément à  une forte capacité d'autofinancement.

  • un taux d'autofinancement peut dépasser 100%. Cela n'est pas toujours interprété comme un bon indicateur d'une capacité élevée de l'entreprise à  financer ses investissements par ses propres ressources. Ce résultat peut aussi indiquer la faiblesse de l'investissement : les profits mis en réserve sont peu mobilisés dans l'effort d'investissement mettant en danger l'entreprise, ou l'économie dans son ensemble, dans la course à  la compétitivité.

En savoir plus

Des statistiques provenant de l'INSEE ici